Pendant que Nicolas Sarkozy tente de redorer son blason, le parti socialiste, lui, manœuvre en coulisses. Et à ce petit jeu, François Hollande se surpasse aujourd’hui dans « Paris Match ». Non, ne dites rien, ne ralez pas dans votre voiture ou votre salle de bain. J'entends déjà vos reproches, j'ouie déjà vos indignations ! Mais comment donc ??? Ces journalistes qui ne s'intéressent qu'à la gaudriole, au petit bout de la lorgnette, à la petite phrase !!! Ben oui... mais il est vrai que par les temps qui courrent, on n'a pas grand chose non plus à se mettre sous la dent, hormis les sempiternelles citations de Jaurès et de Blum, ce qu'on a en stock, c'est la petite phrase ! Et celle là est une perle, un joyau, que dis je un bijou, ciselé par Maitre Hollande, orfèvre à Tulle. "Pour la présidentielle, il y a plusieurs personnalités possibles, j'en fait partie, je ne m'en exclus pas." Et hop glissé dans une conversation au ton patelin avec des lecteurs de "Paris Match". Et voilà notre bouddha de Solférino, prônant depuis le triomphe municipal, la paix entre camarade, l'humilité, la cohésion, voilà notre Saint-Francois rompant lui même la treve socialiste en affichant à nouveau ses ambitions dans 4 ans alors que la question de sa succession n'est même pas en voie de début de commencement de règlement. Le voilà s'ajoutant à une liste déjà longue, les socialistes étant le seul parti qui, après chaque échéance perdue, fabriquent des présidentiables comme on fabrique des Tata, vous savez, les voitures... Voilà donc François Hollande en piste, comme si on en doutait, mais il était bon de le redire, dès fois qu'on l'aurait oublié. Et à ce stade de notre réflexion, un seul mot nous vient à l'esprit : quel gachis ! L'un des plus brillant, Hollande, le plus hilarant aussi, l'humour étant une qualité rare dans ce job. Du vif argent, une capacité à décoder l'adversaire, un intellectuel surdiplomé, survitaminé, aussi gourmand quand il parle d'économie que quand il dévore sans broncher 5 profiterolles au chocolat, aussi fin dans l'analyse de ses contemporains que dans celle des rapports de force, l'un des rares à écrire lui même ses discours, à les retoucher pour finalement, souvent les oublier dans sa poche et pourtant faire chavirer les salles quand il a décidé ! Mais, mais, mais... Où est la cohérence ? Où est le courage ? Où est la stratégie ? Où est la cohésion ? A ces qualités essentielles, Hollande a souvent préféré le brouillage de ligne, la prudence extrême, la tactique et la division. Une peur de se hisser au-dessus de lui même et aujourd'hui, certainement, la peur du vide. Aprés 11 ans d'exposition médiatique quasi quotidienne, 11 ans de tractation impossibles avec des gens impossibles d'égomanie. Aprés 11 ans de balade 26H sur 24, d'un clocher à un bistrot, d'un resto à un gymnase, pas simple de laisser la place et d'envisager même qu'un ou qu'une autre pourra faire mieux que soi. Alors... disons ce matin que cette petite phrase dans "Paris Match" est une balise et la manifestation de cet orgueil nécessaire pour gravir la montagne mais qui empêche toujours le franchissement des derniers mètres. Ces quelques marches qui séparent la cour de l'Elysée de l'Elysée lui-même. Lionel Jospin en sait quelque chose... Aujourd'hui, François Hollande a le choix des armes. S'accrocher à ses regrets ou lâcher prise pour espérer revenir. Une chronique de Françoise Degois .

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