Et en plus, les chiffres du chômage tombent entre les deux tours…

Et ils sont très mauvais ! Que peut faire le Président pour aider sa majorité ? Laisser entendre qu’il y aura un remaniement ? C’est dérisoire. Laisser entendre, comme il l’a fait mardi, que –message reçu- il y aura un geste (peut-être fiscal) pour les revenus les plus bas ? C’est désespéré.

En réalité le Président doit faire une croix sur ces élections. En avril, François Hollande devra expliquer comment, dans les trois ans, l’Etat, les collectivités locales et le système social français devront économiser 50 milliards. Il y avait quelques chose d’un peu étrange à entendre Harlem Désir, hier au micro de France Inter , demander aux électeurs de voter pour les maires de gauche avec cet argument : eux, au moins –disait-il- allaient protéger le service public municipal, alors qu’en même temps, le Président s’apprête à couper dans les dotations aux collectivités locales. Ces élections municipales se déroulent alors qu’il n’y a aucun résultat tangible de la politique du gouvernement, alors que le président a annoncé des mesures fortes, en janvier dernier… Mais des mesures qui dépendent en partie des négociations entre les partenaires sociaux, dans le cadre du pacte de responsabilité, et en partie, donc, de réductions de dépenses publiques qui ne seront détaillées qu’en avril. François Hollande pourra donc faire une croix aussi sur les élections européennes de mai !

Et toujours cette même question… faut-il un discours type « du sang, de la sueur et des larmes » ?

Si ce qui nous attend, c’est « du sang, de la sueur et des larmes » (toutes choses égales par ailleurs, bien sûr) alors on est en droit de demander un discours qui va avec. Si économiser 50 milliard en trois ans, pour pouvoir redonner de la compétitivité aux entreprises et avoir des finances plus saines, pour complaire aux exigences de Bruxelles et garder des taux d’intérêt bas… Si, comme nous le laissait entendre Harlem Désir hier- cette économie peut se réaliser sans trop de douleur, par le simple fait de rationaliser les dépenses, sans trop toucher à la qualité des services publics et à l’étendue de notre système social, alors on se demande pourquoi ni Nicolas Sarkozy au cours de son quinquennat, ni François Hollande, au cours de ses deux premières années de présidence, n’ont réalisé ce travail salutaire et indolore ! En réalité quand on parle aux ministres, hors micros, aux spécialistes de finances publiques, personne ne pense qu’une économie de 50 milliards en trois ans, peut se réaliser simplement en regroupant des communes, en supprimant des départements, ou en instaurant une médecine ambulatoire plus efficace ! Donc, de deux choses l’une, soit le Président prépare un vrai plan de coupe budgétaire et un discours de sang et de larmes, soit il ne fera pas les 50 milliards d’économie… Tout comme Nicolas Sarkozy n’a pas atteint les taux de déficit qu’il s’était promis d’atteindre et tout comme François Hollande, lui même n’a pas respecté les 3% de déficit promis. Bref… nous sommes vaccinés et condamnés à attendre avril pour en avoir le cœur net. Quitte à être impopulaire, quitte à perdre les élections intermédiaires, autant avoir un discours de clarté, autant faire le job… cette affaire de 50 milliards… voilà qui est beaucoup plus déterminant pour la politique à venir que de savoir qui sera premier ministre ! Pourtant on noircit beaucoup plus de papier avec cette deuxième question… Bref mon édito d’aujourd’hui est mieux que celui d’hier consacré au casting de Matignon… (Et moins bien que celui de demain… bien sûr !)

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