La liste LREM... teintée de vert

Avec en 2nde position, Pascal Canfin, proche de Nicolas Hulot, spécialiste de la finance verte. Il n’avait cessé depuis le départ de Hulot, d’affirmer qu’Emmanuel Macron n’était pas à la hauteur de l’enjeu environnemental. Il change d’avis ou plutôt il fait un calcul (une analyse) politique... C’est toujours le même dilemme pour les écologistes : devant l’urgence de la situation, et alors qu’ils ne sont (sous leur couleurs) au pouvoir nulle part, peuvent-ils attendre de gagner la majorité partout avant qu’une politique responsable (de leur point de vue) soit menée ? Faut-il rester dans le tout ou rien, passer son temps à trier le bon grain écolo de l’ivraie productiviste ? Il y a sans doute, dans la décision de Pascal Canfin,  une part de stratégie personnelle mais il y a aussi cette idée, plus intéressante, selon laquelle, ainsi placé en figure de proue d’une liste donnée en tête fin mai, il fera avancer des dossiers qui ne seraient pas défendus avec la même vigueur sans lui. Il fournit du contenu au progressisme revendiqué par le président. La question est : qu’a-t-il obtenu comme assurances sur le fond ? Qu’est-ce qui a changé dans la conviction écologiste du président depuis le départ de Hulot ? La réponse est importante parce que si Pascal Canfin n’est pas convainquant sur ces points, alors cela voudra dire qu’il greenwashe (repeint en vert, en bon français) le macronisme. 

N’y a-t-il d’écologie qui vaille que du fait de partis écologistes ?

Cette question tourmente tout écologiste... il faut que l’écologie se répande. Et elle se répand. A part LR qui, depuis le départ de NKM, est mutique sur ce sujet, tous les autres s’y mettent : LFI en fait la matrice de son programme, prône une planification écologiste. Même le RN parle de ‘préférence locale’ pour vanter le circuit court. Chacun voit un midi vert à sa porte rouge ou brune. Les socialistes, en se plaçant, pour cette élection, derrière Raphael Glucksmann et Claire Nouvian (qui pensent siéger avec les Verts à Strasbourg) passent leur tour au profit, donc, d’une offre écologiste. C’est bien la preuve de la victoire culturelle de l’écologie. Mais au fond, Nicolas Hulot avait donné une image parlante pour décrire son dilemme... il expliquait, las, ne plus être en phase avec une majorité qui criait victoire quand les Chantiers de l’Atlantique décrochaient la construction d’un porte-conteneur géant ! C’est à dire le symbole d’une logique mortifère, là où nous devrions être les champions du transport propre et de l’énergie renouvelable. Il y a donc toujours encore un fossé culturel entre écologistes et productivistes ! Comment le combler ? Par l’affrontement forcément ? Ou par l’imprégnation mutuelle. Au-delà de leurs calculs stratégiques bien compris, Macron et Canfin, proposent la 2nde solution. Les conséquences politiques de ce verdissement général sont incertaines. L’original, la copie, tout ça, vous connaissez l’adage.  Il se peut que la mécanique dite ‘Canada Dry’ (qui favorise toujours le FN quand la droite fait de l’identitaire) joue aussi, avec l’écologie, au profit de la liste Jadot. Après tout, que disent Mélenchon, Glucksmann, Canfin et parfois même Le Pen ? Votez écolo ! 

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