Hier le parti socialiste a donc investi sa candidate, Ségolène Royal, lors d'une cérémonie à La Mutualité à Paris. Cérémonie sans grande surprise puisqu'elle n'a fait qu'officialiser une victoire acquise depuis le 16 novembre. Etait-ce pour autant sans intérêt ? Non, car il y a toujours quelque chose à voir dans ces cérémonies convenues. Celle-ci, comme celle qui intronisera le candidat de l’UMP en janvier, en dit long forcément sur la campagne à venir de l’heureuse élue, sur l’enthousiasme qu’elle suscite, et sur ses faiblesses. Alors rapidement, qu’a-t-on flairé hier ? Et bien, il y a peut-être des candidats droits dans leurs bottes, mais Ségolène Royal incontestablement, est elle campée sur ses escarpins et n’a pas l’intention de s’en laisser conter ! Oh certes, elle n’est pas une oratrice hors pair, loin s’en faut, mais ses mots répétés depuis plusieurs mois, ses mots moqués par ses concurrents, et bien elle les revendique, et n’a pas l’intention d’en changer. « Bonheur et ferveur », « désir et espérance, ordre juste et nouvelle donne ». On pouvait voir hier des petites lumières clignoter dans les yeux des non royalistes de la Mutualité, mais de quoi nous parle-t-elle, se demandaient-ils ? Et c'est vrai, que ce n'est pas franchement dans le projet socialiste ça ! Autant dire que Ségolène Royal reste une femme libre ! Au parti de s’adapter à son vocabulaire,pas l’inverse. Il fallait entendre son ton pète-sec de maîtresse d’école, vieille école, pour dire aux socialistes, « si vous faites ce que je vous dis, alors oui, je vous mènerai à la victoire », pour comprendre qu’en cas de défaite, on sait déjà qui aura tort ! A la Mutualité hier, ce qui était flagrant aussi, on l’avait presque déjà oublié, c’est que Ségolène Royal est une femme ! « m’avoir choisie dit-elle, est révolutionnaire. » Les femmes dans la salle, dans toutes les salles vibrent à l’évocation de ce moment historique où une femme pourrait devenir présidente de la république. Difficile à contourner pour les hommes d’en face. Enfin, qu’a-t-on vu encore hier ? Un duo redoutable Royal/Hollande. Il ne s’agit pas d’analyser ici les ressorts psychologiques et intimes de ce couple ; d’ailleurs hier, ils en ont fait des « tonnes » pour éviter de donner une seule photo de couple, mais on a vu à quel point ces deux là étaient complémentaires, ces Bonnie and Clyde de la politique ! A elle, les valeurs, la campagne participative et le dialogue avec les Français, à lui, les coups contre la droite, la cible Sarkozy et le rassemblement de la gauche. Elle, la tête dans les nuages à promettre l’élan, le renouveau et les lendemains qui chantent ; lui les pieds dans le parti, à balancer un seau d’eau froide sur l’auto célébration. Parfait partage des tâches ou duo de candidats ? A la Mutualité en tout cas, la "béquille" Hollande est apparue indispensable à l'édifice Royal.

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