Ce matin encore, l’UMP et l’image que ce parti donne de la politique.

C’est l’image de ce qu’il y a de plus détestable en politique : la triche, les manœuvres et les faux-semblants… mais surtout cette impression que Copé et Fillon sont dans l’incapacité totale de renoncer à accumuler les pouvoirs, quoi qu’il en coûte. Les militants UMP -qui travaillent bénévolement, défendent leurs idées, prennent de leur temps pour faire vivre le débat public- semblent être le cadet des soucis de ces deux monstres froids. Tous les Français observent ces professionnels de la politique, richement dotés de leurs indemnités de cumulards, dépenser le produit de l’argent public qui financent les partis (parce qu’il ne faut pas oublier que c’est avec l’argent du contribuable qu’ils caricaturent la politique). L’argent public et aussi les cotisations des 300.000 militants UMP qui ne sont pas tous des emperlousés de Neuilly, mais des retraités d’Evreux, des étudiants de Lyon, des agriculteurs d’Ardèche, des petits commerçants du Raincy. Ni Fillon, ni Copé (surtout pas Copé !) ne semblent songer à lâcher prise et dire : « on va travailler ensemble mais aucun de nous deux ne peut être président dans ces conditions ».

Le combat pour la conquête de l’appareil dans un parti sans culture démocratique, c’est forcément peu glorieux… ?

Oui et en plus maintenant ça ne peut plus se dérouler dans l’ombre. La conquête sarkozienne du pouvoir, de la prise de la mairie de Neuilly en 83 par trahison interne au sein de la majorité municipale, à la prise de l’UMP contre ses mentors fait office d’exemple et d’épopée fantastique pour cette génération de politiciens ! Dans ce monde de voraces et de carnassiers on se gargarise de victoires internes, de triomphes d’appareil. L’époque n’est pas épique, on a les gloires, les guerres et les conquêtes que l’on peut ! Dans ce monde de « mecs qui en ont » et qui ne cèdent rien, on répète à l’envi qu’on a obtenu tout ce que l’on détient avec les dents, en se battant, en l’arrachant aux autres, de son propre camp de préférence. Jean-François Copé est maire d’une grande ville, député, chargé de faire la loi et de contrôler le gouvernement, avocat d’affaires et il veut aussi être président de l’UMP, à tout prix ! François Fillon, député qui, pour le reste de sa vie, en tant qu’ancien Premier ministre aura à disposition une voiture, un chauffeur, « un garde du corps-policier-porte valise », un bureau, et une secrétaire veut, à tout prix que Copé ne soit pas président de l’UMP. Aucun de ces deux personnages, qui ambitionnent d’être un jour Président de la république, ne semblent pouvoir simplement imaginer, s’éloigner un peu de la cagnotte, se consacrer à ses multiples mandats et fonctions, donner un peu de temps aux autres, réfléchir aux idées politiques, lire, voyager, concevoir un programme, patiemment, travailler, conceptualiser… bref se préparer à proposer une vision de la France, du monde et de l’avenir aux futurs électeurs. Non, ils semblent vouloir d’abord contrôler leur parti, maîtriser les fédérations, les réseaux, les finances, les investitures, se constituer une armée d’obligés pour paver leur route vers l’Elysée à laquelle ils pensent depuis tout petit. Cette boulimie de pouvoir d’appareil ne passe plus à l’heure de la transparence, de l’info en continu et de l’aspiration à plus de simplicité et de proximité. Finalement la plus grosse faute politique de Copé et Fillon dans cette histoire c’est d’être tragiquement, désespérément, anachroniques.

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