**par Jean-François AchilliL’adoption définitive de la réforme des retraites, cet après-midi à l’Assemblée Nationale, sonne comme un coup d’envoi de la campagne présidentielle.Deux journées de mobilisation ont beau être programmées, les raffineries ont beau faire de la résistance, les leaders politiques, eux, sont déjà dans l’après. Exit les retraites : il est question de remaniement, de primaires socialistes, de grenelle des jeunes… Les futurs candidats sont penchés sur leurs cartes d’états-majors… Prenez Nicolas Sarkozy : il aurait toutes les bonnes raisons de déprimer. Sa côte de popularité est en capilotade, avec des records de plongée, que n’aurait pas reniés le grand Jacques Mayol. Le chômage explose. Le remaniement, à force d’être commenté, devient un non-évènement. Et bien, le chef de l’Etat a le sourire. Il considère que cette sortie de crise ne se déroule pas si mal que ça, que tout finira bien par rentrer dans l’ordre. Et l’opinion, d’accord ou pas, dira de lui qu’au moins il aura réformé ce pays. Son message est déjà prêt : « Vous ne me l’aviez même pas demandé, et bien j’ai fait aussi les retraites ». Et l’Elysée s’est trouvé un nouvel allié malgré lui… Celui qui est monté en puissance pendant les manifs, celui que tout le monde est venu toucher comme une rock-star, celui que Patrick Buisson, le monsieur sondage du président, et les autres conseillers, considèrent comme « la meilleure affaire du siècle » : Jean-Luc Mélenchon. Je vous rassure, le patron du Front de gauche ne va pas devenir ministre d’ouverture. Mais comme il a les idées bien claires, sur les retraites, sur la mondialisation, l’entourage présidentiel est convaincu qu’il va dévorer le PS par la gauche. Nicolas Sarkozy estime aujourd’hui que l’élection présidentielle reste totalement ouverte. Chez Martine Aubry, la vision des choses est différente…Il y a une certitude au PS: le calendrier qui s’ouvre sera fatal pour le chef de l’Etat. Claude Bartolone a écrit le scénario : le remaniement va faire pschitt, les médias feront joujou avec les nouveaux ministres jusqu’à Noël. Et dès le premier janvier, ce sera le coup d’envoi d’un scrutin que tout le monde a un peu vite oublié, celui des cantonales de mars 2011, la revanche des retraites. Et comme pour les dernières régionales, ces élections pourraient se transformer en vote sanction, et en tour de chauffe de la présidentielle, de quoi donner du souffle aux primaires de la rentrée prochaine. Quant à Jean-Luc Mélenchon, « on s’en fout », commente un proche de Martine Aubry, « les Français qui ont de la mémoire vont voter utile, il n’y aura pas de nouveau 21 avril ». Le vote final aujourd’hui à l’Assemblée, c’est non seulement le chapitre des retraites qui est en train de se refermer. C’est aussi un autre feuilleton qui débute dès ce soir: celui de la précampagne présidentielle.**

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