Par Jean-François Achilli.

Nicolas Sarkozy va s’expliquer ce soir à la télévision, après une nuit de négociation à Bruxelles.

Et l’exercice s’annonce délicat pour lui. D’abord, cela fait huit mois que le chef de l’Etat ne s’est plus exprimé dans une émission de télé. La dernière - Paroles de Français - avec déjà Jean-Pierre Pernaud sur TF1, et des vrais Français dedans, remonte au mois de février. Ce qui fait long pour un président qui nous avait habitués à une plus grande occupation médiatique. Ce n’était pas The Artist , Nicolas Sarkozy s’est quand même exprimé très régulièrement, mais sa parole s’est faite rare ces derniers temps.

Il y a ensuite le début de polémique autour de la production de cette interview livrée clefs en main à TF1 et France 2. Ce qui met l’entourage présidentiel en colère, sur le mode : nous n’avons pas de leçons à recevoir. « Le chef de l’Etat est l’invité d’une émission de 75 minutes, ce n’est rien face aux 150 heures de présence télévisuelle, dans le cadre de la primaire socialiste, validées par le CSA », proteste un proche du président. Voilà pour le climat… Alors, il n’est pas question ici de remettre en cause la qualité des interviewers, Jean-Pierre Pernaud, pour TF1, et Yves Calvi pour France 2. Parce que l’essentiel est ailleurs.

Qu’est-ce que Nicolas Sarkozy peut annoncer ce soir ?

Ce sera une sorte de SAV – de service après vente - de Bruxelles. Le président va devoir s’expliquer sur des choses très concrètes : l’Europe est elle vraiment sauvée du naufrage ? Y aura-t-il une réplique malgré les montagnes de milliards avancées ? Et que vient faire la Chine dans le plan de sauvetage ? C’est l’une des annonces de la nuit qui frappe l’imagination. Avant ce soir, le chef de l’Etat aura appelé son homologue Hu-Jintao, pour qu’il vole au secours du Vieux continent, ce qui ne va pas vraiment rassurer l’opinion.

Le paradoxe de cette crise européenne est que ce sont les marchés financiers qui poussent les gouvernements des 27 vers le fédéralisme, ou quelque chose qui s’en rapprocherait.

Et là Nicolas Sarkozy va marcher sur des œufs : il lui faut expliquer qu’il n’y a pas d’autre issue que d’aller vers plus+ d’Europe, à une opinion qui s’est détournée de lui, chauffée à blanc par le chômage, la vie chère, les impôts et les taxes toujours à la hausse, l’impunité pour les plus fortunés… des Français qui vivent Bruxelles comme une machine à broyer.

Le chef de l’Etat, de son point de vue, ne peut pas rater cet oral télévisé, qui sera une sorte de numéro zéro… épisode pilote de l’ultime saison - du quinquennat - de cette série, intitulée « Le président candidat ». Avec le costume de celui qui agit et qui protège. Ce sera son habit de campagne, à la condition de ne pas perdre son triple A, avant l’élection présidentielle…

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