Ce matin, rions un peu avec… François Bayrou

Oui, le patron du Modem en prévoit une bien bonne : Sarkozy Premier ministre de Hollande ! En analysant la situation politique, le patron du Modem fait l’analyse, somme toute assez plausible, que François Hollande ne va pas pouvoir tenir encore deux ans et demi avec une majorité qui se déchire sur la définition même de la gauche du XXIème siècle. Et surtout sans aucun résultat sur le chômage et les déficits. Les élections départementales de mars et régionales de décembre 2015 seront, à n’en pas douter, une catastrophe pour le PS. Manuel Valls, toujours dans un contexte de croissance plate, ne pourrait pas rester. Le voudrait-il seulement, alors qu’il ne pourrait plus rien faire? Comment croire à un autre Premier ministre pour un autre revirement ? C’est dans ce cadre-là, de blocage, de désaveu répété par le corps électoral, que la dissolution parait être la solution. La logique, c’est qu’après une telle dissolution, l’opposition gagne. Le FN, même dans une éventualité pas certaine de surpuissance, même premier parti de France, ne peut pas, sans alliance, envisager d’être majoritaire. Donc, c’est l’UMP nouvelle version qui serait appelée à gouverner. Et Nicolas Sarkozy, son patron, naturellement sollicité par le président.

Mais il peut refuser !

C’est une possibilité qui a été envisagée à l’UMP, mais elle ne résiste pas à la réflexion et d’ailleurs, plus personne ne propose que le parti qui gagnerait les élections législatives, en ayant proposé un programme, refuse finalement de l’appliquer tout de suite et bloque la France, en la forçant à replonger dans une campagne présidentielle de 40 jours ! Donc Nicolas Sarkozy serait le Premier ministre de François Hollande ! Et à ce stade de nos élucubrations, il faut s’arrêter. Nous n’avons fait que dérouler une suite logique d’événements probables. Donc, pour ceux qui estiment que la Vème République est encore pertinente, résumons la situation : nos institutions, appliquées dans leur esprit par un président bloqué, aboutirait à cette solution ahurissante : le couple de l’exécutif, à la tête du pays, serait composé de l’ancien président battu et du président rejeté par le plus grand nombre! Voilà qui est bien évidement très théorique mais dans le petit monde politique de la majorité et de l’opposition, on phosphore déjà largement sur les scénarios de ces enchaînements logiques. Sauf que ce déroulement apparemment rationnel peut être contrecarré par François Hollande lui-même. Il est le seul à pouvoir changer (ou pas) de Premier ministre. Il est le seul à pouvoir dissoudre et le seul à pouvoir proposer à telle ou telle personnalité d’entrer à Matignon. Même à 14, 10, 5% de popularité, le président est protégé par la constitution. François Hollande, qui manque souvent de parapluie, dispose – en matière institutionnelle - d’un parapluie en titane. Tant de pouvoirs institutionnels pour aussi peu de pouvoir sur le cours des choses. C’est de ce décalage que la langue politique est devenue, pour beaucoup de Français, selon le mot de Manuel Valls, une « langue morte ».

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