Carine Bécard.

Faut-il barrer la route au Front national ? A 6 semaines des élections régionales, la question agite visiblement le parti socialiste... Osera-t-il s'affranchir du front républicain?

En fait, ce réflexe électoral - qui existe depuis bien longtemps, bien avant l'élection présidentielle de 2002, où une partie de la gauche a accepté de voter pour Jacques Chirac, pour empêcher Jean-Marie Le Pen de l'emporter au second tour - bref, ce réflexe électoral continue à exister... continue à être appliqué et surtout, continue à donner des résultats... Il n'y a qu'à se pencher sur le dernier scrutin en date : les élections départementales. Un raz-de-marée avait été annoncé pour le Front national... le parti de Marine Le Pen devait même décrocher la présidence d'au moins un, voire deux de nos départements ! Seulement voilà : un "Front républicain" plus tard... le FN n'a gagné que 31 cantons, sur un peu plus de 4 000 au total, et il n'a pris la tête d'aucun conseil général... Donc, il ne faudrait pas que la gauche s'affranchisse trop vite, de consignes de vote qui atteignent finalement leur objectif.

En réalité, quel est le problème pour le PS ? Avoir perdu toutes les élections intermédiaires : les municipales, les européennes et les départementales... Ce parti qui est traditionnellement un parti d'élus, n'en a quasiment plus ! Voilà pourquoi, la perspective pour lui, de devoir encore se retirer pour faire barrage au Front national peut sembler effrayante... Moins il aura de listes au 2nd tour, moins il aura d'élus... Donc la tentation est grande, de maintenir ses candidats pour tenter de limiter - numériquement - les dégâts !

Donc la gauche pourrait se dégager du front républicain, pour sauver quelques conseillers régionaux... Cela paraît improbable !

En effet !

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui promet aujourd'hui que chacune de ses listes - dans les 13 régions - s'accrochera jusqu'au 2nd tour, tient en fait un discours "nécessaire"... Parce que le 6 décembre, c'est dans seulement 6 semaines, si le patron de la rue de Solférino annonce d'ores et déjà qu'une partie de ses listes disparaîtra à l'issue du 1er tour - pour laisser la place à la droite -, comment pourrait-il espérer mobiliser ses électeurs... les faire venir voter... Cela paraît compliqué !

Donc, le PS n'est certainement pas décidé à faire voler en éclat le Front républicain... Certes, partout où il pourra se maintenir à l'issue du 1er tour, il le fera - et il comptera scrupuleusement toutes les voix à Gauche pour voir si, additionnées, elles ne seraient pas plus nombreuses que celles du camp d'en face -... Mais inversement, dans les régions où il n'aura aucune chance de l'emporter au 2nd tour, le parti de François Hollande - celui de Manuel Valls aussi - appellera sans en douter, une nouvelle fois, à "faire barrage contre le Front national"... Car si la Gauche - de retour au pouvoir - a malmené plusieurs de ses totems... il reste une valeur à laquelle elle tient ! Celle qui lui vaut d'être toujours passée pour plus républicaine que son adversaire de droite !

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