Une question commence à poindre à droite concernant Nicolas Sarkozy : Est-il le bon candidat pour 2012 ?

La question se formule déjà en privé à droite et elle surgira forcément en public si la popularité du président ne reprend pas des couleurs. Dans le dernier baromètre BVA pour France Inter le chef de l’Etat perd 5 points… quand les sondages sont mauvais mais que surtout les résultats des élections intermédiaires sont très mauvais, ça commence quand même à avoir un début de signification. Alors Nicolas Sarkozy est-il le meilleur candidat de la droite pour 2012 ? La réponse est certainement non mais en changer serait l’assurance d’ouvrir une guerre fratricide ! La droite ne peut que constater l’échec de la stratégie baptisée de ce barbarisme : la " re-présidentialisation ". Depuis plus d’un an maintenant Nicolas Sarkozy (qui s’est aperçu que pour être réélu Président, il fallait d’abord réussir à être Président, logique !) a donc décidé de prendre de la hauteur, de raréfier sa parole, il s’est concentré sur les questions internationales. mais rien n’y fait. La « re-présidentialisation » c’est un peu comme un Père Noël de supermarché qui s’aperçevrait, quelques jours avant Noël, qu’il a oublié de mettre sa fausse barbe blanche. Voila pourquoi personne n’y croit. Il se lance alors dans une opération de « re-pernoëlisation » de sa personne. c'est-à-dire qu’à trois jours de Noël, il met sa barbe blanche, trop tard, les enfants l’ont vu sans barbe, personne ne peut plus y croire. Nicolas Sarkozy en est là. Alors la popularité reviendra peut-être s’il entre en campagne. Mais pour l’instant la « re-présidentialisation » ne produit aucun effet. La tâche sera ardue puisqu’en plus, à cause de la crise, il devra faire campagne sur des thèmes qui contredisent ceux qui lui ont permis d’être élu en 2007.

D’autres présidents ont réussi a se faire réélire avec un programme radicalement différent !

François Mitterrand par exemple. La mise en œuvre du programme économique de 1981 a été un fiasco politique et financier et le Mitterrand de 88 gagne avec un programme centriste, donc très différent. Les électeurs ne lui en ont pas voulu de cette contradiction radicale. Voilà pourquoi Mitterrand 88 est le scrutin modèle pour Nicolas Sarkozy. Mais en 88, Mitterrand est en situation de cohabitation et surtout les Français reconnaissent en lui un Président de la République. L’habit lui va, il rempli la fonction. Les premières années de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, agitées, polluées par un trop plein de com’ politique, encombrées d’annonces à l’emporte-pièce, plombent l’ensemble du quinquennat. Mais au-delà de ce problème de « présidentialité » il y aussi une question de positionnement politique et d’inadaptation quasiment sociologique à l’époque. La posture très à droite marquée par la politique fiscale et par les déclarations des ministres de l’Intérieur depuis 4 ans, a durablement dégouté les modérés. Les élus municipaux des communes rurales qui pèsent pour l’élection sénatoriale ne sont pas très politisés. Ils représentent cette France modérée généralement favorable au centre droit. Cette France là, change de camp. C’est elle qui a gonflé la victoire de la gauche au Sénat. Le basculement du « marais modéré » vers la gauche est un effet de l’évolution sociologique du pays. Dans ce cadre, Nicolas Sarkozy, éternel promoteur de la « droite décomplexée » est à contre-temps. Les parlementaires UMP, sur le terrain, sont en train de s’en rendre compte. Seulement ils n’ont pas la possibilité d’y faire faire grand-chose.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.