Les chiffres du chômage ne sont pas bons. Est-ce que ça veut dire que la perspective d’une nouvelle candidature s’éloigne pour François Hollande.

Le président a conditionné l’idée de se présenter à l’inversion de la courbe du chômage. Il n’a rien dit du degré de l’inclinaison nécessaire de la courbe, mais à l’évidence le compte n’y est pas ! Les zélateurs présidentiels qui affirment que les chiffres du chômage ne sont pas de nature à éloigner la perspective d’une nouvelle candidature –en raison des attentats par exemple- se ridiculisent. Non… Pour l’instant, et sauf renversement spéculaire de la conjoncture dans les deux mois, avant décembre, date butoir fixée par François Hollande lui-même, il n’est décemment pas en mesure de se représenter… Ne pas respecter ses promesses quand on est élu, en raison –bien sûr- des circonstances, c’est une chose… mais ne pas respecter une promesse avant même l’élection serait une innovation assez osée dans le domaine, non ?

Vous l’enterrez là !

Oui mais non ! Oui parce que tous les critères objectifs sont défavorables à une nouvelle candidature, même si l’histoire sera certainement moins sévère sur l’homme et ses qualités que l’opinion ne l’est à chaud sur son bilan : Son taux de popularité et sa relative solitude politique dessinent un tableau sans espoir de réélection. Songez que deux anciens ministres de l’Economie (de sa politique économique !) l’ont quitté pour se présenter contre lui en l’accusant de les avoir bridés dans leurs volontés réformatrices… deux ministres de l’Economie qui représentaient, en plus, deux orientations bien différentes. Il y a aussi ce chemin cabossé à parcourir … les primaires ! Un président qui, de par sa fonction, représente tous les Français, va devoir se glisser dans la peau d’un candidat, chef d’une tendance, maintenant d’ailleurs peut-être devenue minoritaire, d’un parti lui-même très diminué. Donc oui je l’enterre…mais non je ne l’enterre pas (c’est mon coté normand) ! Parce que la politique, qui est de moins en moins une aventure collective, devient, avec la désidéologisation du débat, avec l’affaiblissement des structures partisanes, devient de plus en plus une aventure personnelle et médiatique. Le commentaire politique, de la part des élus comme de ceux qui sont chargés de rendre compte de la vie politique, n’est fait que de promesses de surprises, de rebondissements et retournements imprévisibles. « Vous verrez » dit-on, « Nicolas Sarkozy, qui a la politique dans le sang, les bouffera tous ». Pareil pour François Hollande, « c’est le plus malin, il a toujours eu la baraka », entend-on. Après s’être trompé pour Balladur 95, LePen 2002 et le référendum de 2005, les commentateurs (je me mets dedans), en chats échaudés, adorent prévoir le contraire de l’évidence, et les acteurs politiques adorent y croire. Généralement on cite alors Chirac, parti seul, honni, moqué, du haut de ses 12% en 1995 ! Ah Chirac 95 !… qu’est-ce qu’il en fait rêver parmi les rase mottes de la popularité. Et nous, la presse, qui n’arrivons plus à passionner avec des idées, nous avons besoin de ces destins à la Edmond Dantès, de ses revenants couturés. Et puis –pour revenir à des éléments plus concrets- il y a quand même la droite ! La droite peut s’auto détruire à force de se caricaturer… Donc oui mais non.

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