Ça va vite… la popularité d’Emmanuel Macron dévisse ! Que se passe-t-il ?

Il se passe que le macronisme électoral, c’est une chose, et que le macronisme au pouvoir c’en est une autre. Tout ce qui a permis l’incroyable succès du candidat novice ne permet pas si facilement de gouverner. Dire ni droite ni gauche (ou Et droite, Et gauche), ça multiplie les voix… mais, dans l’application, avec de vrais chiffres, une réalité économique et sociale, l’équilibre un peu magique et théorique de la formule est bouleversé. Le détail trivial de l’action éloigne forcément du but plus idéal, fantasmé et séduisant, dont les campagnes présidentielles françaises se repaissent toujours. Il y a comme une petite mort après l’euphorie de la victoire et ce moment si particulier de l’installation où l’incarnation prend ou ne prend pas. Là, en juin, elle a pris. Emmanuel Macron est et fait président. Mais ce n’est qu’une partie seulement de ce que le pays attend de lui.

t puis, quand on a fait une campagne contre les appareils politiques, contre les vieux partis, contre les cadors de l’ancien monde qu’il fallait bien évacuer, on se retrouve forcément sans appareil politique, et sans cadors pour relayer le message. Les insuffisances inhérentes à l’inexpérience, elle-même inhérente à l’idée de renouvellement, font du président aujourd’hui un homme bien seul. Les députés EM sont laborieux en période d’apprentissage, c’est normal, le gouvernement est peuplé d’inconnus, le 1er ministre et le ministre de l’Economie - prises de guerre efficaces pour gagner les législatives- ont un peu l’air de découvrir, en marchant, le détail du programme ! Un comble pour Edouard Philippe censé être le chef de la majorité ! Une mécanique d’érosion précoce est à l’œuvre.

Le président va donc changer de stratégie…

Ce qui souligne, au passage, l’inanité du concept de président Jupiter puisque Jupiter doit déjà se dé-jupitériser et redescendre parmi les mortels ! Une nouvelle facette du « en même temps » est nécessaire : la verticalité horizontale, hauteur de vue et revue de détails, majesté et proximité ! Ca fait beaucoup d’obscure clarté pour un seul homme… Mais au-delà de la communication, le plus important c’est quand même l’orientation politique, le déséquilibre actuel du « Et droite Et gauche »… de ce que l’on sait de la loi travail, de toutes les 1ere annonces en matière de réductions budgétaires, c’est surtout « Et droite ». On attend le « Et gauche » : le guichet unique pour les minimas sociaux, la réforme de l’assurance chômage avec la 2ème chance, la sécurisation des parcours personnalisée, une vraie audace dans la transition énergétique. Ça viendra peut-être, mais ce n’est donc pas « en même temps ». La cohérence de Macron candidat a été longue à se construire et ce qui paraissait complémentaire et syncrétique en tribune, parait déséquilibré dans sa mise en œuvre. Emmanuel Macron va donc bientôt tenter de nous expliquer ce qu’est le macronisme de pouvoir, quel est son but. Et c’est nécessaire parce que, faites l’essai vous-même, tentez de définir, 3 mois après l’élection, ce qu’est aujourd’hui le macronnisme ! Vous risquez de répondre, comme Alain Juppé, « je ne vois pas ». Etre En Marche c’est bien… savoir pour où, c’est mieux…

Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.