La primaire de la Droite fait pour l'instant assez peu parler d'elle. Certes, l'échéance est encore lointaine - le vote est dans 7 mois. Mais du coup, est-ce que les candidats ne se sont pas lancés un peu trop tôt? François Fillon, candidat depuis bientôt 3 ans ! Ou Alain Juppé, qui a officiellement postulé à la primaire de la Droite, dès le 20 août 2014... Tout cela rappelle l'époque de Jacques Chirac, qui deux ans avant l'élection présidentielle de 1995, part sillonner le pays... pour capter les préoccupations des Français... La méthode s'applique toujours - Bruno Le Maire est en Alsace aujourd'hui, Jean-François Copé à Toulouse -, mais malgré tout, les temps ont changé... On ne fait plus - nous les médias - "le récit" de toute une campagne, non, on privilégie "la bataille" qui est en train de se jouer... Et c'est souvent la bataille finale ! Donc, pour cette primaire, les candidats devaient-ils afficher leurs ambitions, si tôt...? A priori, oui quand même ! Pourquoi? Parce que tous se sont lancés dans l'inconnu... Personne ne s'est encore soumis, à Droite, à ce genre de compétition : être candidat à la candidature... Plus question de compter, - comme pour une élection "classique" - sur sa Fédération et notamment sur ses moyens humains, sur son réseau : chacun doit se constituer les siens... ' Où trouver par exemple, les 10 000 assesseurs - 10 000 soutiens - dont aura besoin chaque candidat, s'il veut éviter - le jour du vote - d'être victime d'irrégularités... Et ce n'est pas tout... Chaque concurrent doit trouver un espace électoral à l'intérieur de son propre camp... - sa part de marché, si vous préférez ! Autrement dit, c'est une "campagne souterraine" pour l'instant qui est en train de se jouer... Et elle prend forcément du temps !Nicolas Sarkozy risque donc de se lancer trop tard, me direz-vous ? Mais il est en campagne, Nicolas Sarkozy ! Quelle est la différence entre un déplacement récent de Nathalie Kosciusko-Morizet, en Haute-Garonne... avec visites d'entreprises, séance de dédicaces et réunion publique... et les deux jours que vient de passer l'ancien président en Provence-Alpes-Côte-d'Azur ? Il n'y en a pas ! ' Et il doit, lui aussi, mener une "campagne souterraine"... Nicolas Sarkozy sait qu'il a tout un électorat à reconquérir... Alain Juppé ne serait pas si haut dans toutes les études d'opinion, s'il n'y avait pas - à l'inverse - un rejet de son principal adversaire... Donc, Nicolas Sarkozy doit réussir, encore, à changer la perception qu'ont les Français - même de Droite - de lui... Ce qui signifie que son livre "confessions" - son livre "inventaire", sorti au début de l'année - même s'il s'est vendu à presque 200 000 exemplaires, n'y est pas parvenu... Par conséquent : tout reste à faire pour le patron du parti "Les Républicains"... Voilà pourquoi il est - déjà - candidat, mais surtout pas officiellement, évidemment ! Parce qu'il est comme François Hollande - ils ont ce point en commun - : se garder la possibilité de dire "non" à l'élection, pour éviter l'humiliation...

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