A partir de 2017, les élus ne pourront plus cumuler leurs mandats parlementaires et locaux. La loi a été votée, pourtant des élus républicains tentent de revenir dessus ...

Les élus, surtout Républicains, voient d'un très mauvais oeil l'application prochaine de la loi sur le non cumul. Il y a comme un murmure, une petite musique résonne au loin, qui tendrait à remettre en cause cet acquis démocratique. En effet à partir de 2017, les députés et les sénateurs ne pourront plus cumuler leur mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale. Maire, président de conseil départemental ou régional. C'est la loi, c'est la règle. Elle a été votée et pourtant des élus républicains tentent de revenir dessus ...

Alors, à vous élus qui pensez, que lorsqu'on est parlementaire, avoir un mandat local cela permet de garder un ancrage territorial et de ne pas créer des élus hors sol... Certes, cela engendre surtout des élus qui ne font carrière que dans la politique, coupés des réalités du terrain, du monde de l'entreprise : des professionnels de la politique.

A vous qui pensez qu'en redevenant simple élu local, après avoir confié les rênes de la collectivité à un homme lige, vous pourrez continuer dans l'ombre à gérer les affaires ... Ca s'appelle contourner la loi. Et considérer qu’une seule personne serait à même de gérer les affaires locales, c'est conceptualiser l'idée d'un homme providentiel local...

A toi, Jean François Copé, qui pour justifier la fin du non cumul explique que ‘’Ce qui est en jeu, c’est la gestion psychologique de la future majorité ". Du haut de ses 0,3% à la primaire, pour le député maire de Meaux, le cumul c'est donc une question de psychologie... Obliger un élu à choisir entre son mandat d'élu local et celui de parlementaire, c'est dur psychologiquement .... Permettez-moi de lui adresser la palme de l'excuse bidon.

Alors pourquoi ce plaidoyer pour le non cumul ? Déjà, c'est une spécificité française... Près de 80% des députés et des sénateurs exercent au moins un autre mandat électif. Ces chiffres font de la France le mauvais élève de l'Europe, un cancre tout seul au fond de la classe, car partout ailleurs la proportion d’élus en situation de cumul ne dépasse pas 20%. Même en Italie, pas vraiment une référence en matière de pratiques démocratiques.

Surtout, ce non-cumul est approuvé par une large majorité de Français. Fin 2015, neuf français sur dix plébiscitaient une stricte interdiction du « cumul des mandats ». Il y a une véritable attente citoyenne de moderniser notre démocratie qui connaît une crise profonde. Tout recul risquerait d’affaiblir davantage la confiance des citoyens envers leurs représentants et encore une fois de porter gravement atteinte à la crédibilité de la parole politique, déjà plutôt entachée.

Le non cumul des mandats donne un souffle démocratique et favorise le renouvellement des représentations ... Il faut le sauvegarder, et après s'attaquer à un autre chantier : la limitation des mandats dans le temps.

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