2019, retour aux urnes, les européennes en mai, élection de "mid-term" décisive pour Emmanuel Macron. Après le débat national, le risque d'une campagne trop nationale...

Bonjour Yael Goosz, la politique en 2019 : votre édito du jour, une élection européenne à multiples inconnues... 

26 mai 2019, tous aux urnes... Mais pour quelle offre politique ? Pour l'instant, ce qui frappe, c'est l'incroyable morcellement du paysage : quand il n'y a qu'un tour, à la proportionnelle, tout le monde se compte et tente sa chance, c'est classique. Mais bonjour la clarté du débat si la campagne se fait avec une douzaine de listes ! 

Des listes aux têtes fortement rajeunies, c'est l'autre intérêt de cette élection, qui voit une Manon Aubry, 28 ans, mener la campagne des Insoumis, ou un Jordan Bardella, 23 ans, incarner celle du Rassemblement national.

Jeunesse... et éparpillement ! De ce point de vue, la gauche bat tous les records ! Malgré les cris d'alarme d'un Raphael Glucksmann, qui laissent de marbre Yannick Jadot chez les Verts, ou suscite l'indifférence de Mélenchon. Dans l'axe macronniste pro-européen, aussi, il y a de la perte en ligne... Avec une UDI qui partira sous ses propres couleurs. 

Et peut-être y aura-t-il aussi du jaune sur la ligne de départ ?

Une liste Gilets jaunes... L'idée fait son chemin, une liste qui pourrait concurrencer celles des Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon, et bouleverser l'ordre d'arrivée. Et il sera fondamental cet ordre d'arrivée ! Si le RN arrive en tête, comme il y a 5 ans, Marine Le Pen sera réhabilitée pour le match retour de 2022... Et le gouvernement ne résistera pas à la nécessité d'un remaniement. Si En Marche et ses alliés passent devant, il y aura une deuxième mi-temps à jouer pour Emmanuel Macron.

Vous nous parlez cuisine politique, Yael, mais d'Europe il en sera question ? 

C'est là que ça se complique. Et les forces en présence n'aident pas à parler du fond : le 26 mai pourrait se transformer en pur référendum pour ou contre Macron ! Car c'est le premier retour aux urnes du quinquennat. Mélenchon et Le Pen surfent sur ce vote sanction... Mais En Marche, aussi, contribue à cliver, en dramatisant l'enjeu contre les populistes. Enfin, ce qui ne va pas aider, c'est la circonscription unique, on ne vote plus par région, ce qui nationalise encore plus la campagne. 

Résultats : les vrais questions pourraient passer à la trappe... Or, l'Europe mérite mieux qu'un défouloir national. Tiens, qui sait par exemple qu'aux Restos du Coeur, 1 repas sur 4 est financé par l'Europe ? Il y a de beaux débats à mettre sur la table, en quoi l'Europe protège ou insécurise...

Et ce qui ne se voit pas ici, à Paris, où règne un climat de quasi guerre civile politique, c'est qu'à Strasbourg, tout est discuté dans une culture radicalement différente, du compromis, de la coalition. Ce sont des majorités d'idées qui gagnent, au cas par cas, parce qu'aucun parti n'a la majorité à lui seul... Et ce sera sans doute encore plus le cas après le 26 mai... Avec l'affaiblissement des socio-démocrates et des droites.

La possibilité d'une démocratie plus apaisée, et moins éruptive... Elle existe, c'est à Strasbourg, encore faut-il avoir une classe politique responsable pour en montrer le chemin.

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