Nicolas Sarkozy tiendra aujourd'hui une conférence de presse consacrée à la politique étrangère. Un thème qui n'est pas prédominant dans la campagne. C'est LE domaine réservé par excellence, le pré carré du Président, le terrain miné en cas de cohabitation ou de succession. On a vu comment Nicolas Sarkozy, après quelques vélléités d'indépendance sur le sujet, a osé parler d'arrogance française vis-à-vis des Etats-Unis, avait choisi de rentrer dans le rang. Sujet présidentiel, donc, par excellence. Et pourtant, c'est vrai qu'en dehors des périples effectués par nos candidats à l'étranger, on parle peu de politique étrangère dans la campagne. D'ailleurs, si les émissions à panels de la télé nous apprennent quelque chose, c'est bien cela : rares sont les questions des Français aux candidats en plateau sur les désordres mondiaux, sur la façon de les prévenir ou d'y remédier. Et pourtant la globalisation tend à effacer les frontières de notre quotidien. Chacun est conscient que ce qui se passe en Iran a quelque chose à voir avec ce que l'on vit ici. Du coup, l'interpellation de Ségolène Royal dans son discours de Villepinte, "Avons nous encore quelque chose à dire au Monde?" reste une question commune à tous les candidats. Ils l'abordent souvent à l'occasion d'un grand discours au cours de leur campagne, et l'on trouve, dans les programmes présidentiels, plusieurs chapitres sur le sujet. Les prismes sont multiples. Cela va de la rédéfinition du rôle du Président en matière de politique étrangère, François Bayrou propose un discours présidentiel annuel sur l'état du monde, comme il y a le discours sur l'état de l'union aux Etats-Unis. Au rôle des institutions internationales, la réforme de l'ONU est une constante, mais par exemple, le Parti Communiste insiste sur l'intégration de l'OMC dans le système onusien. Par exemple, l'aide au développement, un des axes de campagne de Ségolène Royal notamment vis-à-vis de l'Afrique. Dominique Voynet réclame, elle, l'annulation de la dette des pays du tiers monde quand Jean-Marie Le Pen veut "proportionner" cette aide au nombre de ressortissants qui rentrent chez eux. Jusqu'au lien bien sûr qui nous unit aux Etats-Unis. Aujourd'hui, Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy retiennent conjointement que la voix de la France "a sonné juste" vis à vis de l'Irak. Sur la crise iranienne, la position de la candidate socialiste qui dénie à l'Iran le droit d'accès au nucléaire civil, demeure iconoclaste. Chacun sait qu'une élection présidentielle ne se gagne pas sur l'international, mais elle peut se perdre sur le sujet. Car la politique étrangère est dans la constitution et du coup, dans l'imagianire des Français, un attribut présidentiel. Une attitude déplacée qui viendrait égratigner la dignité de la France sur la scène internationale, des propositions aventureuses qui rompraient trop brutalement avec une doctrine héritée des débuts de la Vème République, seraient considéres comme des fautes. En explicitant leur vision du monde, c'est évidemment de la France, dont les candidats parlent. Et sur sa grandeur, réelle ou supposée, les électeurs restent chatouilleux.

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