Sur le Salon de l'Agriculture, hier, le président du parti Les Républicains a joué la carte du terroir. Manière de se distinguer du président des "Métropoles ultra-connectées"... Mais leurs styles et leurs méthodes sont souvent semblables.

Face au "président des villes", puisque c'est ainsi qu'est souvent présenté - ou caricaturé - Emmanuel Macron, Laurent Wauquiez s'est affiché, hier au Salon de l’Agriculture, en vrai "politique des champs" : sans cravate... et la main posée sur la croupe des vaches ! Pour le président du parti "Les Républicains", c'était hier et aujourd'hui encore, une occasion stratégiquement parfaite pour apparaître comme l'anti-Macron. 

Sauf qu'en réalité, à bien les observer tous les deux, leurs styles et leurs méthodes sont assez souvent les mêmes. Mais oui ! Par exemple, ce "goût pour le secret" : qu'il s'agisse d'un Conseil des ministres à l'Elysée, ou d'un Comité politique au parti de Laurent Wauquiez, plus personne n'a le droit de raconter quoi que ce soit. L'un comme l'autre ont obtenu de leurs équipes, qu'elles ne révèlent plus toutes ces discussions qui restent aujourd'hui en coulisse. Ensuite, leurs entourages également se ressemblent : ce sont à chaque fois, des cercles plutôt restreints de gens totalement loyaux et qu'ils connaissent depuis suffisamment longtemps. La petite nouveauté en revanche, concernant Laurent Wauquiez, ce sont toutes ces références historiques et littéraires qu'il commence à faire... Jusqu'ici, il les évitait, pour ne pas déplaire à l'électorat populaire. Et puis est arrivée la "pensée complexe" d'Emmanuel Macron. Pas question visiblement pour Laurent Wauquiez de se laisser distancer. D'ailleurs, les deux quadragénaires se concurrencent aussi dans leur "sens de la transgression", dans ce parler "cash" pas toujours contrôlé, c'est vrai, chez Laurent Wauquiez. Et qui peut parfois déconcerter dans la bouche de l'actuel président... 

Qui copie sur qui ? 

En fait, ce n'est pas facile en politique d'être capable de s’inventer son propre style. Laurent Wauquiez a d'abord imité Nicolas Sarkozy. Il s'en inspire toujours aujourd'hui. Et il n'est pas le seul de sa génération à avoir été très marqué par l'ancien chef de l'Etat : Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet et d'autres ont eux aussi été impressionnés, et se sont appris à faire "du Sarkozy" c'est-à-dire à être partout, tout le temps, sur tous les sujets ! 

Le problème de Laurent Wauquiez - en fait, le problème du nouveau président du parti "Les Républicains" -, c'est qu'à 42 ans, il ne s'est pas encore « trouvé ». Du coup, il se laisse influencer et donne l'impression en ce moment de copier le "dernier modèle qui a marché", celui d'Emmanuel Macron. Donc hier, sur le salon de l'Agriculture, Laurent Wauquiez peut bien s'être adonné à quelques grandes déclarations qui ne sont en fait que de nouvelles petites provocations, il est grand pour lui de se montrer de se montrer un peu plus créatif. Et de se dépêcher d'atteindre sa maturité politique. Le compte-à-rebours est lancé... Et le président de région - qui rêve de l'Elysée - forcément, le sait.

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