Ce matin, bulletin météo… Je ne voudrais pas faire ma Marie-Pierre Planchon ronchon mais en réalité, le temps se couvre... (Et je ne parle pas de ce jeudi par rapport à hier).

Un couple se promène à Lion-sur-mer le 27 février 2019
Un couple se promène à Lion-sur-mer le 27 février 2019 © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

L’urgence climatique est sous nos yeux, sur nos têtes et les bulletins météo, c’est bien normal, étaient, ces derniers jours, réjouissants. L’ambiance était, comme le ciel, au beau fixe. On en avait collectivement besoin ! 

On annonçait le soleil du lendemain avec entrain parce que le pays est empêtré, au milieu de cet hiver, dans le pessimisme et la colère. Mais ce chaud soleil incongru, qui nous fait du bien, devrait, au contraire, nous préoccuper, agir comme une preuve de plus que nous faisons fausse route. 

Nous écoutons les scientifiques du monde entier, comme la statuette des trois singes de la sagesse, et sommes simplement satisfaits d’aller déjeuner en terrasse… pas tout à fait insouciants mais avec cette vague idée que la lumière et la chaleur, fin février, c’est déjà ça de pris. Tout se passe comme si l’humanité et ses représentants ne réagissaient aux crises graves que lorsque celles-ci surviennent de façon spectaculaire. 

Les alliés pendant la seconde guerre mondiale ont su réorienter en quelques mois toute leur économie pour construire une machine de guerre inédite afin d’écraser le nazisme. Les mêmes, ou à peu près, en 2008, devant la menace de l’effondrement de la finance mondiale, ont su mobiliser –en quelques jours- des centaines de milliards pour sauver les banques. 

La menace climatique est d’un autre ordre…

Oui, elle est lente et en plus se manifeste aussi par des moments agréables comme le beau temps de ces derniers jours qui nous divertit du danger. Les plus riches et les plus puissants ont d’abord nié le réchauffement (certains continuent comme Donald Trump) parce que l’admettre implique de changer le modèle de leur puissance. 

Les étudiants américains, en pleine guerre du Vietnam, qui organisaient la 1ère journée de la terre, en 1970, avaient le bon slogan ‘nous avons trouvé l’ennemi, c’est nous!’ disaient-ils. 

Aujourd’hui la menace est pire mais progressive et les ennemis, c’est toujours nous ! On s’écharpe sur le Hidjab Décathlon, sur le nombre de députés nécessaires, sur le RIC,  alors que l’essentiel de nos débats devrait tourner autour de la façon de changer de mode de production, de consommation. 

Si nous ne le faisons pas, ce n’est pas simplement par imprévoyance ou égoïsme vis-à-vis de nos enfants mais aussi parce que nous savons que l’action de la France, fut-elle très vertueuse, ne serait qu’une goutte d’eau à l’échelle planétaire. 

Dans le domaine de l’environnement, la solution est locale et internationale. Pas nationale. 

Or, le cadre de nos débats, de nos pauvres polémiques, le siège de la légitimité politique, est national. Donc vain. Ce décalage entre le champ de nos institutions politiques et le champ des solutions à nos problèmes est désespérant. 

La France qui se targue de porter des messages à caractère universel fait-elle assez sur le seul message universel qui vaille aujourd’hui ? Toujours est-il que moi, j’ai écrit cette chronique dehors, hier après-midi, au soleil. C’était très agréable. Voilà le problème.

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