**Après le Front National, l’extrême gauche la semaine dernière, vous continuez ce matin d'explorer l’état des forces politiques à deux mois des régionales. Aujourd’hui : les écologistes. Oui, et on les sent aussi un peu à la peine, comme si l’on assistait à un début de fin d’état de grâce. Comme si la relative bonne santé du PS, reflétait un repli de l’électorat de gauche sur des valeurs classiques de la politique en cette période de crise, (on en à déjà parlé) on le remarque aussi pour l’extrême gauche qui ne brillent pas particulièrement dans les sondages en ce moment. Revenons aux écologistes. Le vent serait il en train de tourner? Après l’échec du sommet de Copenhague, les divers commentaires que l’on peut lire dans la presse française et étrangère peuvent le laisser penser. Les idées écologistes avaient été crédibilisées par toute une série de prises de positions de personnalités et de scientifiques, qui n’étaient pas particulièrement enclins à penser de ce côté là au départ. Ces idées semblaient solidement installées. On pouvait croire qu’elles avaient pénétrées toutes les couches de la société par une sorte de prise de conscience généralisée. L’influence de ces idées est aujourd’hui menacée par deux accusations très toxiques : l’accusation de catastrophisme et celle, plus pernicieuse du conformisme. Le Catastrophisme d’abord: L’expression de l’urgence écologique est de plus en plus étiquetée comme étant catastrophiste, apocalyptique. Elle serait, pour certains, une manifestation moderne des peurs ancestrales de fin du monde. Le magazine Courrier International consacrait même son numéro de fin d’année au mythe de la fin du monde et à la résurgence de scénarios catastrophes où se mêlent les théories et les prévisions pessimistes de certains écologistes avec des théories les plus loufoques. De nombreux journalistes ou intellectuels, à travers le monde développent cette idée selon laquelle l’écologie comporte une part d’obscurantisme. Les multiples films documentaire-catastrophe (vus d’en haut d’Artus Bertrand ou d’en bas de Nicolas Hulot) sont malheureusement réalistes mais ils commencent à lasser, comme peuvent fatiguer des parents insistants qui promettent quotidiennement un cancer des poumons à leur fils qui s’entête à fumer. D’ailleurs la côte de popularité de Nicolas Hulot est en baisse. On met de plus en plus dans le même sac écologistes prospectifs, charlatans qui prévoient sans cesse l’apocalypse, et moralisateurs fatigants. L’autre menace, c’était l’accusation de conformisme. Plus aucun gouvernement ne nie que le réchauffement climatique trouve une part importante de son origine dans l’activité humaine. Une prise de conscience non suivie de suffisamment d'effets puisque Copenhague a été un échec. Un échec qui peut encourager un reflux de l'idée selon laquelle il y a vraiment urgence à agir. A partir du moment où tous ceux qui nous gouvernent et où même l'Amérique tient un discours néo-écologique, nous allons forcement assister à l'émergence des pourfendeurs de la pensée unique, au succès de ceux qui estiment qu'il faut résister à la nouvelle idéologie dominante... ceux qui confondent le consensus et le conformisme. Ils rejoindront les rangs des plus malins. De ceux qui estiment que le salut viendra seulement d'une révolution technologique sans qu’il soit besoin de vraiment changer nos comportements et nos habitudes de consommations voraces... Les conclusions du GIEC, qui font pourtant la quasi-unanimité des scientifiques, sont de plus en plus attaquées et mises en cause. Les écologistes seront désignés comme des conformistes à combattre au non d'un anticonformisme par nature attractif… Copenhague, pensait-ont devait être pain béni pour les listes d’Europe écologie... ce sera peut être l’inverse.**

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