La courbe du chômage : en réalité ça fait déjà un moment que François Hollande et Michel sapin n’en parlent plus. Mais elle est toujours bien là –on l’a vu- dans les commentaires et les esprits !

Et c’est tout ce qui différencie la communication et la politique. La communication c’est réussir à imposer, un sujet, un rythme, une grille de lecture… un mot au débat public ! C’est fixer un point que tout le monde regardera. La politique c’est fixer un objectif à atteindre et tout faire pour que chacun soit mobilisé vers cet objectif. La politique, en ce sens, peut avoir besoin de la communication mais il ne faut pas confondre les deux ! La com’ c’est donc d’avoir imposé au débat public cette histoire de courbe. Et là, on peut dire que la communication est réussie. Tout le monde ne parle plus que de la courbe. Pour une fois que François Hollande n’était pas flou, pour une fois qu’il avait donné un rendez- vous clair avec une date, une heure et un chiffre, c’est raté. Nous avons, avec cet exemple encore une preuve que la com’ n’est pas de la politique ! (contrairement à ce que croit François Hollande et Nicolas Sarkozy avant lui.)

Ce n’est pas de la politique puisqu’on peut très bien réussir sa com’ : tout le monde regarde la courbe, exactement comme le gouvernement l’avait voulu… Et rater sa politique : le chômage ne baisse pas. Du moins pas au rendez-vous fixé. Mais la politique est plus forte que la com’ et si un jour, dans les mois qui viennent, peut-être en 2015 ou en 2016 la courbe finit par s’inverser, on oubliera peut-être le rendez-vous du chiffre du chômage de décembre.

Et on applaudira au retournement de la courbe ?

Si on se laisse avoir par la communication et que l’on oublie la politique, oui. Parce qu’imaginez qu’on applaudisse, dans quelques mois, au retournement de la courbe donc, ça voudra dire que le gouvernement aura réussi à nous mettre dans le crâne que la baisse du chômage se juge par rapport au sommet de la courbe et non pas par rapport au niveau du chômage au moment où l’on a fait la promesse ! Michel Sapin qui est devenu, à cause de la prééminence de la communication sur la politique, non pas ministre du travail mais ministre de la courbe est peut-être en train de nous écouter… Je sais qu’il écoute Inter le matin- Il prend peut-être son café, ou alors il se rase, en ce moment… La journée va être compliquée pour ce combattant de la hollandie. Il nous dira sans doute (à 8H20, puisqu’il est notre invité) que l’inversion de la courbe n’était pas une promesse mais un objectif, en réalité c’était un engagement… Donc une promesse ET un objectif. Son but, dans les jours qui viennent, va être de faire en sorte que toute la communication autour de la courbe ne se retourne pas trop contre l’objectif. En développant un discours optimiste et volontariste autour de la courbe, le gouvernement tentait la prophétie auto-réalisatrice. Il essayait la part psychologique qui joue toujours (croit-on) dans le processus de relance de la croissance. Il faut commencer par affirmer que ça va aller mieux pour augmenter les chances que ça aille mieux ! Le problème c’est que si ça ne va pas mieux, eh bien, c’est la spirale inverse que l’on risque d’enclencher : le sentiment d’impuissance.

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