Marine Le Pen déjà candidate à la présidentielle...

Qui en doutait ? La patronne du RN l’a confirmé la semaine dernière... Cette candidature plante une évidence au milieu d’un paysage politique incertain. Ce qui est frappant depuis quelques mois, c’est l’absence du RN dans le débat. Les retraites, l’écologie, les sujets étrangers, la PMA... Marine le Pen et ses adjoints parlent mais ne disent rien de saillant. Le FN, par le passé, créait le débat, imposait ses thèmes à l’actualité. Ça passait par des propositions et propos tranchants, volontiers scandaleux. Ce champ de la provocation n’est plus occupé par Marine Le Pen et ses lieutenants, formatés à la parole, certes radicale mais millimétrée, proprette. Le RN est le 1er parti électoral de France, il n’a plus à s’imposer. Son propos identitaire ne choque plus, son propos social est convenu... Le tumulte, c’est fini. Banalisation, normalisation… écouter un discours de Marine Le Pen est même devenu soporifique

C’est une tactique ?

Au RN, on explique que ce sont leurs idées et leurs solutions qui se banalisent. Les excès, les provocations, la guerre culturelle est maintenant menée par d’autres, des polémistes (Eric Zemmour par exemple) qui ont micro ouvert sur certaines chaines tout-info et occupent la fonction tribunicienne si utile à la lente infusion des idées. Lors de la dernière présidentielle, Marine Le Pen, prenant exemple sur Donald Trump et d’autres populistes à travers le monde, adoptait un ton anti-élite débridée, par provocation et coup d’éclat. L’idée, c’était de bousculer les codes dudit ’système’. Ça avait si bien marché pour Trump et Salvini ! L’attitude rigolarde et désinvolte pendant le débat de l’entre-deux tours fut l’apogée de la tactique. Mais en France, chef de l’Etat est une fonction sérieuse parce que l’Etat est fort et qu’on lui demande beaucoup, contrairement aux Etats Unis où l’on s’en méfie ou en Italie où il est faible. Chez nous donc, la légèreté et la désinvolture ne paient pas entre les deux tours d’une présidentielle ou les Français évaluent la ‘présidentialité’ des finalistes. La ‘présidentialité’, cet ensemble de qualités d’incarnation et de représentation de la fonction, était déjà peu élevée chez Marine Le Pen du fait de son extrémisme. Elle avait été réduite à néant par son attitude légèrement foldingue lors du débat. Marine Le Pen en a tiré les leçons. Ses interventions sont maintenant sérieuses et calmes. La candidate du RN peut constater, satisfaite, que la colère sociale ne se fixe pas sur une autre offre politique (de gauche par exemple). La nature radicale et antisystème des divers mécontentements fragilise le macronisme. Marine Le Pen est candidate et les prochains mois diront si elle peut commencer à vraiment ressembler à une alternative. On en est encore loin parce que l’histoire de son camp reste un puissant repoussoir. Mais la désaffiliation générale que l’on constate joue en sa faveur et efface lentement les leçons de l’histoire. Marine le Pen est candidate... C’est aujourd’hui et pour de longs mois la seule certitude de la prochaine présidentielle. Statut avantageux que celui de point de repère. La grande question est, dès lors, ‘qui, peut battre Marine Le Pen’ ? Il n’y a plus d’évidence...

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