"Pour une république écologique" : c’est le titre d’un manifeste publié dans "Le Point", signé par une centaine de responsables associatifs, fonctionnaires, ingénieurs, élus locaux, chercheurs, universitaires qui ont la particularité d’avoir moins de 40 ans pour la plupart.

Parmi eux, David Djaïz, essayiste, énarque de 30 ans. ‘Ecologie’ et ‘République’, deux termes qui ne sont pas accolés de prime abord par les écologistes classiques. 

Ces derniers, souvent issus du monde associatif, en gardent les réflexes de contre-pouvoir, un rapport méfiant à l’Etat.  Même si Yannick Jadot, lui, tente d’opérer une mue républicaine et laïque un peu en marge de son parti. 

Ce manifeste qui se pose en contribution pour 2022 ou pour ‘le monde d’après’, comme il est convenu de dire depuis la Covid, est d’abord une démarche générationnelle. 

Les signataires sont les enfants des enfants de l’après-guerre, les enfants de, je cite, ’La génération qui savait et n’a pas pris ses responsabilités… Trop souvent prisonnière de la vie facile et du jouir sans entraves, sévère avec l’État, faible avec les intérêts privés, elle a échoué (poursuit le texte) à construire un monde vivable et durable. Cette génération a vécu avec les mœurs de l'Ancien régime climatique alors que la Révolution avait déjà commencé’’. 

Voilà les boomers (jouisseurs et voraces) rhabillés pour l’hiver de leur vie ! 

Mais ce qui est compliqué dans cet alliage entre république et écologie, c’est que le cadre de la légitimité la plus forte reste la Nation. 

Or les solutions pour le climat et la biodiversité passent plutôt par le très local et le grand large : la circonscription nationale est généralement considérée (et c’est logique) comme moins opérante par l’écologie canal historique.

C’est d’ailleurs pour cela que les verts remportent de bon succès aux scrutins locaux ou européens, mais restent (jusque-là du moins) des nains politiques quand il s’agit de la présidentielle.  

Cette tribune prend aussi ses distances avec le libéralisme

La tribune dit que : 

‘la nouvelle République écologique donnera un statut à part aux biens publics et aux biens communs. La biodiversité devra être sanctuarisée. Les forêts, les cours d’eau, les littoraux mais aussi les infrastructures vitales de transport ont une rareté et une importance stratégique qui justifie qu’ils soient placés ‘hors marché’, sous le contrôle du citoyen’

Cela pourrait rappeler l’idée de planification écologique de La France Insoumise, mais les signataires se recrutent plutôt dans une large sphère de la gauche socialiste et écologiste pour offrir quelques pistes à Yannick Jadot, Anne Hidalgo ou Arnaud Montebourg, trois candidats potentiels. 

Certains signataires imaginent même qu’Emmanuel Macron, révolutionné par la crise de la Covid et essoré par cinq ans de pouvoir, pourrait trouver dans la république écologique matière à (pour reprendre son propre mot) se réinventer. Ce n’est pas gagné ! Ce manifeste est surtout un signe de plus qui montre que l’écologie est maintenant la matrice essentielle de toute nouvelle tentative de pensée et de créativité politique.  

LIRE | La tribune "Pour une République écologique" dans Le Point

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