Ce matin, le cas Montebourg… Où est-il ? Que fait-il ?

Il est toujours au gouvernement, aux dernières nouvelles mais c’est le moment de voir si sa spécificité, fortement exprimée lors des primaires socialistes a trouvé sa place au sein de l’alchimie politique mise en place par François Hollande. Souvenez-vous, lors de la primaire, à partir de son concept de démondialisation, il défendait un programme à gauche du PS. Il estimait que l’obsession de la lutte contre les déficits allait étouffer les faibles espoirs de croissance, il fustigeait le dictat de Berlin qui imposait sa logique. Si son ralliement à François Hollande pendant la primaire ne fut pas une surprise politicienne (ceux qui connaissent les rapports exécrables entre Montebourg et Aubry comprendront) ce fut, en revanche une surprise politique. Le positionnement de Martine Aubry, semblait plus compatible avec le programme d’Arnaud Montebourg. Mais, fort de son excellent score au premier tour des primaires, Arnaud Montebourg avait choisi Hollande et soumis son ralliement à cette exigence osée : « il faut -disait-il- que François Hollande fasse entrer sa cohérence dans la mienne ». Depuis, la rigueur proposée par Jean-Marc Ayrault prouve plutôt que c’est la cohérence d’Arnaud Montebourg qui est entrée dans celle de François Hollande. Et pas l’inverse ! Peu importe la position, finalement, l’important c’est que le couple y trouve son compte, tous les conseillers conjugaux vous le diront !

Mais justement, sa cohérence c’est le « redressement productif ». Arnaud Montebourg est quand même à la tête d’un ministère important !

Oui, mais c’est un ministère de combat qu’il mène comme un commando ! Pour bien comprendre son action il faut revenir sur l’épisode Nicole Bricq débarquée du ministère de l’environnement. Avec Arnaud Montebourg, Nicole Bricq pensait avoir réalisé un bon coup, façon commando justement : faire comprendre à l’entreprise Shell que si elle voulait obtenir l’autorisation d’opérer des forages pétroliers en Guyane, il fallait, en contrepartie faire plus pour l’emploi dans sa raffinerie Petro-plus en métropole. Jean-Marc Ayrault mis au courant tardivement de cette opération qui –en plus n’a pas fonctionné- a sanctionné Nicole Bricq. Ce fut aussi un échec pour Arnaud Montebourg. Alors il est un peu tôt pour juger des résultats de l’action de Montebourg ! Il doit présenter sa stratégie pour lutter contre la désindustrialisation mi-juillet mais on voit mal, comment cette politique d’urgentiste, qui se pratique beaucoup au cas par cas, d’usine en usine, peut avoir un effet global, c'est-à-dire politique. Pour l’instant, Arnaud Montebourg s’escrime sur plusieurs dossiers et prend conscience qu’il y a un monde entre l’incantation en campagne électorale et la réalité du pouvoir politique face à la logique économique. Il s’essouffle, annule ses interventions médiatiques faute de pouvoir annoncer des résultats pendant que Jean-Marc Ayrault applique une politique de rigueur tel que Montebourg les dénonçait avant les élections. Pour l’instant, la cohérence de Montebourg, sa spécificité, s’est comme diluée dans une politique d’inspiration purement Hollandaise. La présidentielle n’est pas un exercice de coalition. Celui qui gagne, gouverne à sa guise.Ceux qui l’ont soutenu, surtout s’ils sont du même parti, doivent s’y plier, en silence, s’ils décident de participer au gouvernement. C’est la logique écrasante de la toute puissance du Président français.

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