Emmanuel Macron réfléchit à la façon dont il pourrait prochainement s’adresser aux Français.

Oui, parce qu’il y a depuis quelques jours comme un peu de mou dans la corde à nœud… le président plane, dans des sommets internationaux où il s’affirme en gestes symboliques sur le mode « l’ai-je bien incarné ? » et pour l’instant de ce côté-là, ça marche. Mais la vraie vie est en dessous. Et puisqu’il s’agit d’être En Marche et que ça démarre, la question est : mais au fait pour aller où ? Parce qu’Emmanuel Macron a réuni la majorité des Français sur l’idée qu’il fallait se bouger, arrêter de se lamenter, être optimiste… soit ! Le véhicule est en route, il faut mettre le GPS… Voilà pourquoi, l’idée de s’exprimer devant le Congrès, à Versailles (députés et sénateurs réunis) parait bonne. Cette adresse, que Nicolas Sarkozy avait instauré quand il s’agissait pour lui de se re-présidentialiser va permettre à Emmanuel Macron de parfaire cette stature olympienne. Mais attention quand même… d’abord une telle prise de parole sans contradicteurs, dans un monologue valorisant et sécurisé n’est pas vraiment ‘politique-rénovée-21ème siècle’. Attention à l’excès de dorures, à l’emphase impériale, monarchique ! Les Français adorent être bien représentés mais si le roi commence un peu trop à se prendre pour le roi (surtout quand c’est un président), ils retrouvent vite leur penchant régicide! Mais, soyons honnête, on n'en est pas là !

Quel pourrait être le cap défini par le président ?

C’est la question parce qu’on ne voit plus très bien quelle est sa ligne directrice. Des signes contradictoires ont été donnés pendant cette période d’élections et les 1ers pas du gouvernement, sans doute pour des raisons tactiques, pour démobiliser la gauche et la droite afin de s’assurer une majorité. Mais maintenant il faudrait que sur chaque sujet la ligne du gouvernement soit évidente grâce à un cap clairement fixé par le président. Certains de ses 1ers pas sont contraires avec ce qu’avait laissé présager le candidat Macron. Sur l’État d’urgence ou la Syrie par exemple, d’autres plus conformes au libéralisme assumé comme la PMA. Sur l’écologie, rien de précis n’avait été avancé. Nicolas Hulot a profité de ce vide conceptuel pour proposer une vision globale. Emmanuel Macron va-t-il s’en inspirer ? Des signes le montrent : La réaction ferme du président à la décision de Donald Trump de sortir des accords de Paris, l’arbitrage rapide en faveur de l’interdiction des néo-nicoti-noïdes, l’élection d’un écologiste au perchoir. Mais ce ne sont là que des supputations d’un pauvre éditorialiste qui cherche, un peu en vain, la ligne directrice suivie par cet exécutif ! En réalité, ce qui rend perplexe, ces jours-ci, concentrés sur l’idée du renouvellement, c’est que sur toute une série de sujets déterminants, nous sommes incapables de dire de quelle côté penchera le choix du Président. Mais le débat politique ne peut pas –sur chaque sujet- être basé sur l’attente de l’arbitrage, en majesté, selon un bon vouloir présidentiel (via le 1er ministre pour respecter les formes) …arbitrage entre un macronien de gauche, un macronien de droite, un productiviste et un écologiste, un libéral, un concervateur ! Parce que de l’arbitral à l’arbitraire, il n’y qu’un pas. Voilà pourquoi un discours de clarification est nécessaire... Urgemment !

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