Vous lisez Passions, le nouveau livre de Nicolas Sarkozy.

Ce n’est pas un livre, c’est un nombril. On n’attendait certes pas Mémoires, de Charles de Gaulle, mais quand même, de là à faire, au fil des pages, le tour du nombril de l’ancien président ! On comprend vite le mécanisme du récit, le point de départ de tous développements : c’est j’aime/j’aime pas. Exemple : j’aime pas François Hollande... Il y a des raisons politiques mais on s’aperçoit vite qu’il est vexé d’avoir été battu par l’homme qui se proclamait ‘normal’, lui qui estime qu’un président doit être, c’est son terme, un peu monarchique. Mais surtout, détaille fondateur, François Hollande aurait été brutal lors de la passation de pouvoir. En revanche, j’aime bien Emmanuel Macron. La 1ère raison de cette mansuétude ? Brigitte Macron a été très sympathique avec lui lors d’un déjeuner fort agréable à l’Elysée... A quoi ça tient ! Et, comme par hasard, j’aime Simone Veil (que tout le monde aime), je n’aime pas François Fillon (que plus personne n’aime). Quant à ses amis, ceux qui ont été là dans les moments durs... ils sont tous cités sauf deux... les plus proches pourtant ces années-là : les Balkany ! À quoi ça tient là aussi ! Sauvons quand même un passage. Le récit de l’affaire de Human Bomb, cette prise d’otages dans une maternelle de Neuilly, au cours de laquelle, en 1993, Sarkozy négocie lui-même avec le ravisseur et sauve, un à un, une dizaine d’enfants. Il raconte l’évènement en avouant n’avoir fait, la peur au ventre, qu’obéir aux recommandations du patron du RAID. La gloriole revient vite à la fin du récit mais là, elle est justifiée. 

Pas trace d’un peu de politique, quand même, dans ce livre ?

Pas de pensée politique particulière sinon l’expression d’une droite réflexe : le problème de la France, c’est le manque d’autorité... La France qui doit être, je cite, ‘tenue, cadrée, maitrisée’ ! Quand même, dans une critique du chiraquisme, il s’étonne de la rapidité stupéfiante avec laquelle le RPR était passé du gaullisme-souverainiste au reagano-thatcherisme dans les années 80’. Le coup de force de 2007 (mais ça c’est moi qui l’ajoute), c’est d’avoir réussi à faire croire que l’on pouvait être les deux à la fois ! Sinon le cœur de la pensée politique du livre c’est : tout est la faute de mai 68 qui a tout déréglé et renversé les valeurs en France (dit-il malgré ses trois mariages) ! Pour Nicolas Sarkozy,  notre drame, c’est que nous n’avons pas de mémoire politique. Effectivement. A droite, certains voient en lui un sauveur. Celui qui a échoué à la primaire en 2016, qui est perclus d’affaires judiciaires pour la prochaine décennie, tenterait-il de maintenir, par ce livre, son statut de recours ? On dirait ce cavalier des Monty-Python, toujours sûr de lui, qui veut se battre même quand il n’a déjà plus de jambes et plus de bras ! Ecoutez cet aveu,   je cite ‘ce n’est pas l’idée de la Francequi  m’ait jamais fait rêver, c’est la volonté de gagner la confiance et l’amour des Français qui est au cœur de mon engagement’... Nicolas Sarkozy veut être aimé ! Le titre du livre c’est Passions... ça aurait dû être Passion-Moi 

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