En ce jour hybride, férié ou pas, peut-être serez-vous nombreux à vous adonner au nouveau sport très en vogue aujourd'hui, le jogging. "Ce matin,je voudrais m'exprimer au nom de la minorité silencieuse, je dis minorité, celle qui aime le sport à la télé, fume, boit du café et déteste le vélo. Parce qu'à lire les journaux, à regarder la télé, et bien c'est sûr, la France est en train de basculer dans le jogging. Joggeur en chef, le Président de la République himself. Là, à cette minute, j'ai une pensée compatissante pour les journalistes chargés de planquer, tous les week-end, devant le fort de Brégançon et de noter scrupuleusement les heures de jogging, le temps passé à courir, avec ou sans portable, avec ou sans montre, avec ou sans dossier sous le bras, décrire la tenue, et surtout les accompagnateurs. Qui jogge avec Nicolas Sarkozy a réussi dans la vie. On aurait d'ailleurs dû être plus perspicace, le 30 avril, lorsque François Fillon et Eric Besson accompagnaient "l'encore candidat" sur une plage en Corse. Nous assistions aux prémices d'une constitution de gouvernement et nous ne le savions même pas. Je moque, je moque mais en même temps j'admire la maestria de la communication, le côté naturel, en short sur les marches de l'Elysée. Pour tout dire, la rupture. Jacques Chirac aimait le Sumo, difficilement praticable sous nos lattitudes, reconnaissons le. Nicolas Sarkozy fait du jogging, séduit Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, et Martin Hirsch, qu'on devrait d'ailleurs voir assez rapidement en short. Chapeau l'artiste. Et pendant que le président jogge, le socialiste, lui, rame. Mais vraiment, sans faire semblant. Ah, bien sûr, ce week-end, on a vu Ségolène Royal, retourner à petite foulée sur la piste. Elle a même pris la barre d'un chalutier dans le port de la Rochelle. Chalutier contre yacht " Paloma " Bolloré ; Djerba contre Malte. Le combat est inégal, le coeur de Royal n'y est pas encore tout à fait. Et il ne faut pas trop compter sur les camarades pour se remonter le moral. Car le socialiste, aujourd'hui, n'a qu'un mot à la bouche. L'unité. Et là, on se gondole. Laurent Fabius, exemplaire dans l'unité du PS en 2005. Dominique Straus-Khan qui n'a aucune, mais alors aucune idée derrière la tête en ce moment. François Hollande qui a battu une sorte de record depuis 2002, prononcer le plus grand nombre de fois possible le mot "rassemblement". On voit le résultat. Sans parler de Bertrand Delanoé, qui s'y voit un peu beaucoup passionnément et de la jeune garde. Enfin jeune... minimum 45 ans, qui complote pour rebâtir et là on se demande bien avec qui et pourquoi faire. Pendant ce temps, le Président jogge, savoure ses sondages qui le placent, nous dit-on, au niveau de "Mon Général", promet des emplois dans les hopitaux, l'augmentation des petites retraites, la fin des parachutes dorés et du réchauffement climatique. Et le PS regarde son nombril. Le reste de la gauche regarde le PS regarder son nombril. Pas grave - tiens - finalement, ils devraient peut-être s'y mettre, au jogging. Une chronique de Françoise Degois .

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