Avec, ce matin, pourquoi la droite ne doit pas gagner les législatives…

Vous avez beau retourner le raisonnement dans tous les sens, c’est indéniable, imbattable, la droite doit perdre ces élections.

Cela fait pourtant des jours que les responsables de l’UMP, sans doute pour faire taire leurs rivalités, répètent à leurs électeurs : mobilisez-vous, nous allons gagner, nous choisirons le moment venu celui ou celle qui ira à Matignon. Parfaite langue de bois pour un discours de façade.

Cette victoire - tout d’abord - semble hors de portée. Il y a la prime au vainqueur. La cote de popularité du couple exécutif est au zénith. 61%, selon l’Ifop, pour François Hollande, auteur d’un sans-faute depuis son entrée en fonction. Et 65% pour son premier ministre, record battu pour Jean-Marc Ayrault, qui va mériter son surnom de François Fillon de gauche s’il commence comme ça. Il y a donc pour eux une dynamique favorable.

Et puis, les Français ont voulu l’alternance, ils devraient logiquement la confirmer en juin dans les urnes. Même s’ils savent que les difficultés vont arriver très vite, vagues de suppressions d’emplois, dettes, hausses d’impôts. Mais ce sera pour APRES les élections.

Les responsables de l’UMP croient réellement en une victoire ?

Non, pas vraiment. « Ce n’est pas une question qui se pose », explique un élu du sud de la France, qui préfère garder l’anonymat, parce qu’il est en campagne pour sa propre réélection – et puis franchement, ça nous arrange, nous serions obligés de citer les noms de tous ses concurrents…

Pour lui, Copé et Fillon n’ont pas intégré la victoire, parce qu’ils misent tout sur 2017.

Une autre voix de la majorité explique que le but non avoué du parti serait de perdre, mais sans être trop diminué. Disons, de passer des 314 actuellement à une centaine de moins. Ce serait une défaite supportable, et pas un 1993 à l’envers, année de référence où le Parti Socialiste avait été réduit à 67 sièges.

L’UMP et ses alliés ont besoin d’une bonne cure d’opposition, après deux quinquennats assez éprouvants. Et puis, il y a dans tous les esprits le souvenir des longues années Chirac-Jospin, une cohabitation pénible qui a mis un terme au rêve éternel d’un gouvernement d’union nationale.

L’un des principaux enjeux de ces législatives est de savoir comment le PS va l’emporter. Aura-t-il la majorité absolue ? Ou devra-t-il composer avec ses alliés turbulents, Verts et Front de Gauche, ce qui arrangerait les affaires de la droite pour la suite des hostilités.

Au final – sauf accident de dernière minute – François Hollande devrait l’emporter. Nous verrons alors, de manière cohérente, si ses propositions pour sortir de la crise faites pendant la campagne présidentielle étaient les bonnes. La véritable opposition demain, ce ne sera pas une droite en pleine recomposition, mais plutôt… l’économie, la crise, les licenciements, la dette. Des adversaires autrement plus redoutables pour le nouveau pouvoir en place.

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