Ce matin : la carte politique de l’UMP reste illisible !

Depuis la victoire de François Hollande, l’UMP est idéologiquement difficile à suivre. Voilà pourquoi la chronique des dissensions intérieures et le récit des ambitions personnelles prend le pas, dans les commentaires, sur l’analyse politique du discours et des propositions de l’UMP. Il doit falloir du temps pour se remettre de la défaite mais la moindre de chose que les citoyens sont en droit d’attendre des partis, c’est une lisibilité de leur offre idéologique. A l’automne dernier, en plus de voter pour des hommes, les militants UMP ont voté pour des textes. On aurait pu donc espérer faire une analyse idéologique du résultat de ce vote. Il n’en a rien été et, d’ailleurs, les différents signataires des différents textes ne soutenaient pas forcément –à la tête du parti- les mêmes candidats qui, eux-mêmes, sur tout un tas de sujets ont changé d’avis ces derniers mois. On est perdu ! Le débat sur le mariage homosexuel aura été la principale scène de ce brouillage des messages de l’UMP : deux exemples. Jean-François Copé et Henri Guaino. Copé est devenu le porte-parole d’une droite conservatrice et vieille France, en apparaissant, bien en vue dans les cortèges de la manif pour tous, pour défendre les bases de notre société menacée d’effondrement. Il y a peu de temps, il représentait plutôt une droite décomplexée sur les sujets économiques mais moderne et libérale sur les questions de sociétés. Même ses proches comme Franck Riester ou Luc Chatel ont du mal à suivre.

Mais, on peut comprendre la démarche du président de l’UMP qui veut rester au contact d’un mouvement de fond qui submerge sa propre famille.

C’est vrai, Copé doit faire en sorte d’intégrer cette nouvelle énergie populaire issue de la contestation du mariage pour tous, pour la traduire en énergie politique, la recycler dans un mouvement d’opposition de droite qui est forcément un rassemblement très large. En ce sens le rôle de Copé est compliqué et beaucoup plus risqué que celui de Fillon qui peut se permettre la distance critique et un peu hautaine de celui qui, concentré sur la construction de son rapport personnel avec la France (c’est la logique de la présidentielle), ne s’intéresse plus directement à son parti. Deuxième exemple de brouillage complet : Henri Guaino… Alors là, on est confondu ! Guaino, qui s’est évertué pendant cinq ans à faire que Nicolas Sarkozy se forge une stature d’homme d’Etat, ne verse pas dans une droitisation stratégique, eh bien Henri Guaino fait tout le contraire pour lui-même. Il se radicalise et devient une harpie de la droite. Le gaulliste attaché aux institutions, soucieux de toujours maintenir des passerelles droite(s)/gauche(s), semble désormais mû par un mélange de tristesse infinie de la défaite et d’esprit de revanche acharné. Le voilà chantre d’une opposition totale, alertant la terre entière du saccage généralisé dû aux hordes de socialistes qui ont osé s’installer dans son bureau à l’Elysée. Lui, le grand républicain, défenseur du sens de l’Etat, le voilà qui éructe contre les juges et qui manifeste contre l’illégitimité d’une loi votée, validée par le Conseil constitutionnel et promulguée ! Ce n’est pas la diversité des opinions à l’UMP qui pose problème (au contraire) Mais c’est l’illisibilité de sa géographie politique. Or, moins l’UMP est lisible, plus le FN est limpide !

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