Ce matin pour l’UMP et le PS, c’est l’effet page blanche !

Les deux grands partis de gouvernement sont en train de vivre, à vitesse rapide, des révolutions internes fascinantes. Une sorte de précipité chimique opère sous nos yeux. Commençons par l’UMP… Ce qui s’y passe est d’ordre crapuleux mais aussi politique. Et de grande ampleur. J’ai pu le vérifier en passant quelques coups de fils hier… Des responsables de l’UMP parlent sans filtres, comme libérés par les événements. Jean-François Copé est décrit (et pas seulement par les Fillonistes) comme le promoteur d’un système quasi mafieux. L’affaire Bygmalion n’est pas simplement une histoire de fausses factures. Il ne s’agissait pas que de masquer des dépenses mal contrôlées lors d’une campagne menée tambour battant par un candidat très exigeant, sommant les sous-fifres de se débrouiller sans se soucier de la légalité. Non, c’est pire et de plus grande ampleur bien des responsables du parti craignent de bientôt découvrir un système d’enrichissement personnel. Ils sont abasourdis par l’aplomb de Copé… la froideur mécanique avec laquelle il a poussé son ancien bras droit à tout endosser, devant la France entière incrédule. Mais le plus important, c’est l’effet chasse d’eau. Plus de sentiments et après le nettoyage des écuries d’Augiasse, on sent les parlementaires UMP pressés de refaire de la vraie politique, sans Copé ni Sarkozy, et de débattre de la ligne du mouvement. L’idée d’un congrès est donc une idée bienvenue. Parce qu’au-delà des hommes, l’UMP, en friche, a un vrai travail d’orientation politique à mener.

Et du côté des socialistes, ce sont les élections de dimanche dernier qui alimentent l’effet « chasse d’eau » …

Oui, d’ailleurs l’expression me vient d’un socialiste. Mais là, rien de crapuleux…les raisons sont plus honorables, simplement politiques mais tout aussi spectaculaires qu’à l’UMP. C’est une page qui se tourne (c’est quand même plus élégant qu’une chasse qui se tire)… un nombre grandissant de parlementaires socialistes, au-delà des habituels réfractaires, mettent nettement en cause la capacité de François Hollande à exercer sa présidence. « Nous allons prendre nos dispositions pour tenter de légiférer par nous-mêmes et de trouver des accords avec l’exécutif » estime un aubryiste. C’est un langage inédit dans le cadre de la pratique de nos institutions. Finie la majorité qui se contente d’alerter ou d’aiguillonner avant de se ranger. De plus en plus de socialistes veulent changer la ligne. Comme si le président avait perdu son influence sur eux ! La réaction la plus impressionnante vient de Guy Delcourt. L’ancien Maire de Lens est un vieux briscard respecté. Ancien Jospinien, puis Hollandais pendant la primaire… D’ordinaire légitimiste, eh bien Delcourt estime maintenant que « François Hollande a un problème avec les Français ». Il a notamment critiqué sa prise de parole lundi soir. Une déclaration officielle, à 20 heures pour répéter ce qu’avait dit Manuel Valls toute la journée. Une intervention noyée dans le brouhaha de l’actualité. L’après Hollande est déjà dans la tête de nombreux socialistes qui n’envisagent pas que le président se représente. Si les électeurs de gauche, massivement abstentionnistes, et qui ont donc mécaniquement gonflé le score provocateur du FN, voulaient administrer un électrochoc, eh bien c’est réussi. Même si l’un des préceptes-poncifs du commentaire veut qu’en politique, on ne meure jamais, même s’il reste toujours au Président l’espoir d’un retournement de conjoncture, les événements qui se déroulent, en ce moment à l’UMP et au PS ressemblent au début de la fin de l’ère Sarkozy/Hollande…

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