44 millions 508 mille 24 électeurs sont inscrits sur les listes électorales et seront donc appelés à voter le 22 avril prochain. Un corps électoral en hausse sensible et un intérêt marqué des Français pour la campagne présidentielle - ça promet une belle participation ? En tout cas, les Français s'inscrivent sur les listes, ils n'ont jamais été aussi nombreux dans les meetings, ils tchattent sur internet pour parler politique, ils multiplient les blogs consacrés à la "chose publique". Certains ne se contentent pas de la vie réelle. La campagne présidentielle bat son plein aussi sur second life entre les avatars de nos vrais candidats. Bref les Français semblent se passionner pour le débat politique de cette présidentielle et c'est tant mieux ! Maintenant, savent-ils pour qui ils vont voter, qui va au final profiter de ce regain d'intérêt, et d'ailleurs vont-ils vraiment tous voter ? C'est une autre histoire... Les inscriptions sur les listes électorales; 1 million 800 000 électeurs de plus que l'an dernier. Hausse attendue en année pré électorale, mais inhabituelle dans son ampleur. Certains départements connaissent des pics de mobilisation civique, c'est vrai à Paris et en région parisienne. Avec de grandes différences selon les villes. A Evry dans l'Essonne par exemple, il y a 5000 inscrits supplémentaires, quand à quelques kilomètres de là, à Corbeil, il n'y en a que 600. Question de démographie et de sociologie de la ville. Alors au-délà du dynamisme démographique, qu'est ce qui explique un tel sursaut civique ? Des campagnes très actives d'abord des collectivités, des associations, des artistes même, Diam's, Djamel Debouzze, Joey Starr, qui après les émeutes de l'automne 2005 ont encouragé les jeunes à user de leur bulletin de vote comme moyen d'expression. Le remords de ceux qui n'ont pas voté le 21 avril 2002, mais qui ont défilé dans la rue entre les 2 tours. La re politisation d'une partie de la société depuis la campagne référendaire sur le traité constitutionnel européen, et le choc qu'a constitué la victoire du NON qui a redonné le sentiment que le peuple avait du pouvoir. Et puis enfin la nouvelle offre politique de 2007, indéniablement, le changement de génération des candidats motive les électeurs. Passion donc pour le débat. Mais dans le même temps, indécision. Et c'est là le paradoxe. Car à moins d'un mois du premier tour, il reste encore au gré des sondages près de 4 électeurs sur 10 qui ne savent pas pour qui ils vont voter. 6 sur 10 même chez les primo votants. La désagrégation du message politique face notamment à la mondialisation et à ses enjeux économiques, les 25 dernières années d'alternances et de cohabitations qui ont poli sinon effacé les clivages entre droite et gauche, les actuels zigs zags enfin des principaux candidats, qui dans leur discours balaient allègrement ce spectre droite/gauche quitte à donner le tournis, cette crise là n'est pas résolue. Alors les électeurs se cherchent encore, et cherchent leur candidat. Passion et indécision, drôle d'alchimie pour cette présidentielle. Mais c'est pour cela que cette campagne est plus intéressante que les précédentes, plus ouverte aussi sans doute. Avec une victoire à la portée de celui ou celle sur qui se fixeront notamment ces nouveaux citoyens.

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