Questions au gouvernement… Grande séance!

Et croyez-moi … moi qui suis payé pour les regarder, ce n’est pas toutes les semaines ! Un nouveau clivage (momentané et thématique) s’est créé sur la question des attentats, clivage qui redessine une gauche et une droite, même si la frontière, cette fois-ci, se trouve au centre-droit, juste après les centristes de l’UDI. Alors que sur les sujets économiques et sociaux, et même sur quelques thèmes de société comme l’éducation, la majorité présidentielle pouvait trouver des soutiens occasionnels, plus ou moins appuyés à droite, sur la question du terrorisme, c’est la gauche qui fait bloc avec LREM. C’est nouveau parce que lorsqu’il s’était agi, pour le gouvernement, d’en finir avec l’état d’urgence en faisant voter une loi qui intégrait certaines dispositions de cet état d’exception, dans le droit commun,  la majorité était traitée sur sa droite de naïve et sur sa gauche de liberticide. La question se posait, depuis l’attentat de Trèbes, de savoir quelle attitude adopterait l’exécutif. Allait-il durcir, à la faveur d’une forte émotion populaire, une législation qui a déjà réduit le périmètre du judiciaire au profit des pouvoirs de police ? Allait-il tenir bon, sans céder aux chocs des évènements ? Il n’y avait pas de convictions claires sur ce sujet, pour un pouvoir tout neuf, une force politique arrivée aux manettes de l’Etat avant d’avoir eu le temps de se forger un socle doctrine solide, ou tout du moins clairement exposé, sur les sujets régaliens et de sécurité. On avait pu le voir, à propos de la question des réfugiés, la position du gouvernement ne semblait pas tout à fait conforme à la promesse d’ouverture du candidat Macron. Sur le terrorisme en revanche,  la réponse est tombée… Elle est claire. Le gouvernement ne verse pas dans la surenchère sécuritaire. Il obtient donc le soutien de LFI qui fait, de son côté, un pas vers lui et met sous silence (sans les renier) les critiques qu’elle avait pu formuler au moment du vote de la loi sécurité.

Et avec un bel hommage à Arnaud Beltrame prononcé par JL Mélenchon…

Oui, et il n’y a sans doute pas d’autre orateur que le patron de LFI qui puisse prononcer un tel hommage dans cet hémicycle… Mélenchon qui relève la valeur d’un homme, je cite, «prenant pour soi la mort possible de l’autre». C’était un moment fort comme la vie parlementaire peut en réserver quand l’essentiel est en jeu. De l’autre côté de l’hémicycle, la droite (cette fois-ci en accord complet avec l’extrême-droite) représentait l’autre versant de ce clivage de circonstance. Elle exprimait ce que ressentent beaucoup de Français (ça sert à ça l’assemblée) : de la colère, un sentiment d’insécurité et proposait des durcissements législatifs en tous genres. Le parlement, hier, a donné une image vraie, pas de postures, pas d’union nationale de façade puisqu’il y a des différences. Toutes les opinions, légitimes, même radicales, y ont été exposées. Arnaud Beltrame n’est pas mort pour rien : la démocratie, c’est précieux… on oublie trop souvent de s’en souvenir. 

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