Un nouveau projet de loi sur la parité arrive ce matin en conseil des ministres, avec pour objectif de renforcer la présence des femmes dans la vie politique locale. Sur le plan national, 2007 pourrrait être une année record pour le nombre de femmes candidates à la présidentielle. L'occasion de donner un coup de projecteur sur une d'entre elles, et pas n'importe laquelle. Et là, vous vous dites "ah non, pas Ségolène Royal, encore!!!" Et bien non, la femme dont il est question ce matin est leur doyenne à toutes, celle qui d'une certaine façon leur a ouvert le chemin : Arlette Laguiller ! Arlette Laguiller fut en effet la première femme candidate à l'Elysée, c'était en 1974, "je suis une femme dit-elle à l'époque, et je me présente dans un monde politique d'hommes". Résultat de 74 : 2,33% des voix. C'est peu mais c'est le début d'une longue marche pour la jeune militante trotskiste, qui la mène à engranger au fil des ans plusieurs records. D'abord celui de la longévité. Présente en 74, 81, 88, 95, 2002 et 2007. 6 de Der, car Arlette Laguiller a déjà annoncé qu'au cas où elle ne serait pas élue à l'Elysée l'an prochain, elle passerait la main. Autre record, pulvérisée après quelques années d'Arlette's mania où la pasionnaria des travailleurs devint tellement tendance qu'elle fut objet de chanson : 5,72% des voix en 2002. Jamais un trotskiste n'a fait autant, jamais une femme n'a fait mieux jusque là. Alors aujourd'hui, où est passée Arlette, où en est-elle? Elle affirme disposer de 450 parrainages d'élus. Forte de ses réseaux et de son ancienneté, elle aura ses 500 signatures. Elle a commencé sa campagne, une vingtaine de meetings déjà. Stratégie et axe de sa campagne ? Encore et toujours la défense des travailleurs, et des travailleuses. C'est la force d'Arlette Laguiller, elle ne change rien ! S'en excuse même dans ses discours : "j'ai l'air de répéter toujours la même chose, dit-elle, mais ne pas s'en prendre à la domination du patronat, c'est mentir et entretenir la misère." Conséquence : LO regarde de très loin le reste de la gauche anti libérale s'agiter pour trouver une candidature unitaire. Elle n'y croit pas, et ne se sent pas concernée par ceux qu'elle soupçonne toujours d'être des "sociaux traitres", ça va des communistes au PS évidemment, et la candidature Royal n'y change rien. Quant à l'alliance éphémère avec la LCR, Arlette Laguiller est convaincue qu'ils font mieux, séparément. Alors Arlette Laguiller peut-elle espérer quitter la scène l'an prochain sur un nouveau coup d'éclat ? Pour l'instant, rien ne le laisse présager. Un bi partisme de plus en plus prégnant, un effet 21 avril qui pousse la gauche, même l'extrême gauche au remord et donc au vote utile, le reproche toujours vivace d'avoir été la seule à ne pas appeler à voter Jacques Chirac en 2002, le ravissement de l'argument féministe par la candidate socialiste. Tout ça réduit a priori plutôt l'espace politique d'Arlette Laguiller. A priori bien sûr, car elle reste l'un des réceptacles du vote protestataire à gauche. Et celui-ci va diminuer ou enfler au fil de la campagne.

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