Ce soir, les militants UMP votent. Un exercice démocratique qui a ses limites, dites-vous.

C’est, bien sûr, un exercice de démocratie interne important. Un vote que l’on espère, cette fois, sans tricherie, mais un vote duquel il sera bien difficile de tirer des conclusions politiques sur l’état d’esprit de la droite en général. Il pourrait même créer une forme d’effet trompe l’œil parce qu’il n’est pas certain que les militants, à jour de cotisation à l’UMP, représentent une image fidèle de ce qu’est et pense l’ensemble de la droite. On oublie un peu cette masse de la droite modérée, ces citoyens qui veulent une société plus responsable, moins dépensière mais aussi, plus apaisée et ouverte. La droite girondine, libérale sans excès, celle qui ne risque pas de verser du côté du FN. Cette droite-là, Bruno Le Maire a essayé de lui parler mais il a dû en rabattre. Sa cible n’était pas l’ensemble de la droite mais les militants UMP. Du coup, nous venons de vivre une campagne à l’audience nationale, avec une tonalité droitière, anxiogène, destinée à un corps électoral de 260.000 personnes, assez peu représentatif.

En fait, on ne sait pas grand-chose des militants de l’UMP

Rien de précis, en tout cas. Aucune statistique d’âge et de catégorie socioprofessionnelle n’est rendue publique. Demain soir nous n’aurons même pas les résultats par département ! Les chercheurs, les journalistes, les sondeurs qui demandent à consulter les fichiers d’adhérents à étudier leurs répartitions géographiques ou n’importe quelle particularité, se voient opposer des refus catégoriques. Question de confidentialité compréhensible, mais surtout, question d’image… Si l’on se penchait vraiment sur le pédigrée des militants UMP, on s’apercevrait qu’ils sont plus âgés (beaucoup plus âgés) et de conditions sociales plus élevées que la moyenne des Français. Les candidats le savent …D’où le discours très droitier de Nicolas Sarkozy. Dans cette campagne, on a vu deux candidats exprimer, peu ou prou, ce qu’ils pensaient (Le Maire et Mariton) et un candidat exprimer ce que ses auditoires, le corps électoral spécifique de l’UMP, voulait entendre… Les propos très généraux de Nicolas Sarkozy ne répondaient à aucune question concrète comme comment réduire les déficits et faire repartir la croissance mais plutôt à des préoccupations identitaires et d’autorité. C’est pour cela que l’ancien chef de l’Etat est très vite revenu, dès le début de la campagne, vers une forme de monologue hyper sécurisé. Aucun débat, aucune interview radio ou télé avec possibilité de contradiction directe. Dans ces conditions… la forme, l’image de puissance et d’autorité, importait plus que le fond et l’on a abouti à une série de truismes, creux mais musclés, à mi-chemin entre la vulgate gaullienne et le coup de menton « lepenien » du style, c’était hier soir : « ici, nous sommes en France et en France on parle français »… ou à des vérités contradictoire mais autoritaires du genre, c’est une vraie citation, encore hier soir :« je suis pour la nation parce que je suis contre le nationalisme ». Celle-là, je dois dire que c’est ma préférée…

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