Hier, Emmanuel Macron présentait son plan pluriannuel pour l’énergie...

Et  c’était aussi l’occasion de répondre aux Gilets jaunes. On pouvait  mesurer à quel point le président devait regretter sa période  jupitérienne, son année et demi verticale, ses 18 mois à enjamber les  corps intermédiaires. Hier, il se mettait même parfois au niveau des  Gilets Jaunes : ‘Vous ne comprenez pas le chèque énergie ? Moi non  plus’… Puis, opérant un virage sur l’aile quant à  sa méthode de gouvernement, le chef de l’Etat précisait que maintenant,  il se baserait sur l’expérience des Français, des élus locaux, des  acteurs de terrain pour élaborer ses solutions. Il promettait de faire  ce que, pendant la campagne, il avait dit qu’il  ferait. D’autant que si l’on reprend le diagnostic macronien de 2017,  la ‘France entravée’, les ‘assignations à résidence’, les ‘vies  bloquées’, les Gilets jaunes,  sont des symptômes de ce portrait d’un  pays encalminé. Donc le constat est officiel : les solutions  imposées d’en haut ne marchent pas. Question de temps, répondait-on  dans la majorité. 

Question de méthodes répondra-t-on maintenant que le  président lui-même en convient. Son discours ne contenait pas pour  autant cette fameuse ‘disruption’… rien de particulièrement  inventif pour faire participer la population à l’élaboration des  solutions, pour gommer le clivage élite/peuple ressenti. Les  Gaulois,  cependant, ne sont plus ‘réfractaires’ mais ‘partenaires’. Encore  faut-il que la confiance soit rétablie. Ce n’est pas gagné  tant que les améliorations de l’emploi et du pouvoir d’achat ne sont  pas perceptibles !
Et sur la transition écologique ?
Et  là encore un aveu ! ‘On n’en a pas fait assez‘ dit-il. Après avoir (pas  Emmanuel Macron spécifiquement mais tous les adeptes  de la croissance telle qu’elle est), après avoir traité  d’irresponsables, de doux rêveurs ou de catastrophistes, les  écologistes, après avoir découragé Nicolas Hulot, voilà que le président  concède : ‘on n’en a pas a fait assez !’ Ne nous emballons pas,  Emmanuel  Macron n’est pas devenu Nicolas Hulot pour autant ! Il décrit la  transition inéluctable comme une contrainte, une obligation douloureuse  et couteuse qu’il faut remplir de façon plus juste. Le mouvement des  Gilets jaunes aura  au moins servi à l’en convaincre.  Mais le président ne se ralliera pas les écologistes car la transition  n’est pas présentée par lui comme une opportunité, comme une occasion  d’organiser une vie meilleure. Nous devons changer d’échelle, dit-il. Il  ne dit pas nous devons changer de  modèle.  D’ailleurs, il veut rassurer en expliquant, par exemple, qu’il n’est  pas question de moins se déplacer. Il n’est donc pas question de  bouleverser une économie en favorisant le local, ou en rompant, entre  autres, avec une agriculture qui fait faire le tour  du monde aux fruits et légumes ! La nature de la croissance n’est pas  mise en cause ! Pour ceux qui cherchent de quoi le progressisme affiché  d’Emmanuel Macron est fait… et  bien, ce n’est pas de l’écologie. Mais  après tout, comme il le rappelle à juste titre,  ce n’est pas sur ce thème qu’il a été élu. Ça lui donnera sans doute  l’occasion de redire dans quelques années : ‘On n’en a pas fait assez’ !
 

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