Lionel Jospin renonce. C'est son entourage qui l'a fait savoir en toute fin de soirée, mais sa décision est prise et il la commentera dans la journée. L'ex premier ministre ne sera pas candidat à la candidature au parti socialiste. "Je me retire de la course à l'investiture socialiste" Voilà sans doute les mots que Lionel Jospin va prononcer dans la journée. Et s'ils en rappellent vaguement d'autres, "je me retire de la vie politique française", ce nouveau retrait est une sacrée surprise. Car hier encore, à la direction du PS, comme dans l'entourage de Ségolène Royal à Dakar, personne n'aurait parié un kopeck sur cet abandon. Tous étaient convaincus à l'inverse que Lionel Jospin s'était enfermé dans une telle logique, celle de porter une candidature de salut public pour sauver le parti de la menace Royal, qu'il était emporté par sa propre dynamique, aveuglé disaient certains par la dimension sacrificielle qu'il s'auto octroyait dans cette aventure. Alors, 2 questions ce matin. Pourquoi Lionel Jospin jette-t-il le gant ? Quelles vont être les conséquences de ce retrait ? Et peut être une troisième : que va-t-il faire, maintenant ? Alors les raisons : Les sondages bien sûr. Certes de jour en jour, il grignotait quelques points mais rien de significatif. Autre argument : le parti. Son entrée en lice a eu un effet epsilon sur l'appareil, rien n'a bougé. Désespérant. Enfin, Lionel Jospin a échoué à incarner le front anti Royal en n'obtenant le retrait ni de Dominique Strauss Kahn, ni de Laurent Fabius ni même de Jack Lang. Le sens même de sa candidature s'étiolant, l'ancien premier ministre a fini par intérioriser et accepter que partir à la bataille dans ces conditions, c'était aller droit à l'échec voire à l'humiliation ; et ça Lionel Jospin a déja donné. Il a peut être aussi compris, que malgré tout le mal qu'il pense de la candidature de Ségolène Royal, malgré ses arguments rationnels, construits, idélogiques contre elle, et bien ses critiques ne portaient pas. Ségolène Royal intouchable ? Non, sans doute pas, mais Lionel Jospin n'avait pas le bon logiciel pour la concurrencer, parce qu'elle est "ailleurs" confiait hier un dirigeant du PS. Lionel Jospin lui était resté en 2002. C'est comme au jeu de carte : un joueur s'en va; on redistribue. Ce matin, toute la question est de savoir à qui va profiter le retrait de celui qui était tout de même dans les sondages le deuxième en popularité après Ségolène Royal. Voie royale pour elle alors ou est-ce que sa sortie ouvre une porte à François Hollande, la porte de rassembleur du parti ? Le destin de chacun et de chacune est sans doute ce matin dans les mains de Lionel Jospin. Car on voit mal celui ci se résoudre à laisser le champ libre à celle qui considère vraiment comme une "menace", ce sont ses mots. Abandonner la première ligne oui. Mais il ne sera pas dit que Lionel Jospin ne livrera pas sa dernière bataille dans les prochaines semaines; en prenant peut être plus que jamais la tête de l'offensive contre Ségolène Royal. Et s'il était parti pour se donner des chances supplémentaires de la faire perdre, ELLE ?

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