Faut-il que la commission des finances du Sénat soit attribuée à un membre de l’opposition sénatoriale ?

Il s’agit de perpétuer la bonne pratique initiée par les députés UMP, qui ont (c’était une volonté de Nicolas Sarkozy) nommé à la présidence de la commission de finances de l’Assemblée nationale le socialiste Jérôme Cahuzac. Une réciprocité serait un signal envoyé par la gauche pour signifier qu’elle renforcera les attributions de l’opposition si elle devait l’emporter en 2012. En même temps ce ne serait pas non plus scandaleux que les sénateurs de gauche expliquent qu’ils gardent la tête de cette commission tant que l’exécutif est de droite mais que, s’ils gagnent l’année prochaine, ils feront en sorte que l’une des commissions des finances de l’une des deux assemblées soit détenue par l’opposition. En tout état de cause, il faudra bien un jour qu’une majorité ait vraiment le courage de réformer le fonctionnement des assemblées pour leur donner de vrais moyens de contrôler l’application des lois et le travail du gouvernement, cela avant même la réforme des institutions majeures que prônent déjà, pour après 2012, plusieurs responsables socialistes. Et chacun sait que la fonction de contrôle de l’exécutif par le parlement, ça passe forcément par plus de moyens pour l’opposition. Plus généralement, et au-delà du parlement, la désignation, par exemple d’un socialiste à la tête de la Cour des Compte par Nicolas Sarkozy a représenté une réelle avancée et un espoir de modernisation de la pratique de nos institutions. Ca n’a pas duré.

La dernière nomination, justement à la Cour des Comptes, a fait polémique :

Et ce malgré une réforme timide du mode de nomination présidentielle en début de mandat, Nicolas Sarkozy s’est finalement largement inspiré de ses prédécesseurs Jacques Chirac et François Mitterrand et de la tradition néo-monarchique de distribution de postes pour caser des ministres déchus, des amis encombrants, ou bien tout simplement pour placer des pions utiles, non pas à la bonne marche de l’Etat mais à l’agenda politique de la majorité. Ainsi, Nicolas Sarkozy vient de nommer à la Cour des Comptes son ancienne conseillère à l’Elysée Nicole Fontaine après un avis pourtant défavorable du président de cette juridiction. Quelques jours avant, on apprenait qu’il avait nommé à la tête du Château de Versailles une autre de ses conseillères, l’ancienne journaliste Catherine Pégard… en terme de compétence pour le poste c’est un peu comme si vous confiez les destinées de l’Olympique de Marseille à Bernard Guetta (je tiens à souligner que cette comparaison est de lui). Un peu avant, le président avait nommé Renaud Muselier, qui ne parle pas arabe, à la tête de l’institut du monde arabe. Le cas le plus comique, si l’on peut dire, aura été la nomination éphémère de David Douillet à un étrange ministère, inventé pour lui, celui des Français de l’étranger. Ce serait nettement moins drôle et autrement plus scandaleux si le ministre de la justice devait nommer, Martine Valdes-Boulouque, ancienne collaboratrice de Rachida Dati, réputée proche du chef de l’Etat, au poste de procureur général de Bordeaux. (C’est à Bordeaux que se traitent les affaires Bettancourt). Cette nomination, souhaitée par l’Elysée (d’après nos confrères du Monde) n’est pas encore faite. Le pire n’est jamais sûr, surtout quand on le signale avant !

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