Donc…. La droite a gagné les sénatoriales. La victoire de cette droite-blanquette au Sénat ne changera la vie de personne, si ce n’est celle des familles des nouveaux sénateurs. Rassurez-vous mon analyse de ce fait politique s’arrête-la…

Oui… la droite a une santé de sénateur à l’image de son président Gérard Larcher, bon vivant (à la fois conservateur et humaniste) qui sent bon la province, comme on disait avant que l’on invente ce mot émasculé de ‘territoire’.

La victoire de cette droite-blanquette au Sénat ne changera la vie de personne, si ce n’est celle des familles des nouveaux sénateurs. Rassurez-vous mon analyse de ce fait politique s’arrête-la… 

Mais profitons-en pour parler de la droite. Parce que quand-même, toutes les enquêtes le montrent : les idées de droites sont majoritaires… Pourtant ce camp n’est pas favori pour 2022, alors que lors les élections locales (tout comme le PS) il fait réélire ses cadres et consolide son encrage…  

Pourquoi tant de difficultés dans le débat national ? 

Le parti Les Républicains est enserré dans la mâchoire Macron/Le Pen. Il peine à faire entendre sa voix dans un débat dominé, d’un côté par la majorité (en charge des affaires) et de l’autre par les voix radicales, celles qui alimentent la machine à clashs, expriment les colères de toutes sortes, celles, aussi qui font vivre les chaines infos, les réseaux sociaux.

Le nouvel écosystème médiatique, n’est pas fait pour le PS et LR, ces partis qui savent ce que c’est de gouverner et qui, dès lors, hésitent à dire n’importent quoi. Voilà pourquoi leurs propos paraissent souvent fades, classiques, rasoirs. Leurs solutions, semblent celles des temps tranquilles de la croissance. 

Traditionnellement, par exemple, la droite de gouvernement prône la modération budgétaire. Alors là… c’est compliqué de dérouler un discours de notable prudent, en ces temps de ‘quoi qu’il en coute’, ou chaque secteur économique réclame (et obtient) des milliards pour rester en vie… Son discours raisonnable butte sur ces temps irraisonnables. 

Et puis la droite en France, normalement, c’est une voix, un chef… Là, il n’y en a pas d’évident

Deux figures montrent clairement leur détermination : Bruno Retailleau et Xavier Bertrand. C’est intéressant parce que ces deux-là représentent deux discours, deux sociologie de la droite. Retailleau, conservateur vendéen est plus en phase avec la droite qui semble gagner culturellement en ce moment : une droite identitaire. Il veut être Valeurs-Actuelles-compatible sans pour autant être outrancier, sans faire fuir les centristes (tranchant et doux à la fois). 

Et puis il y a Xavier Bertrand qui veut incarner une droite sociale, une droite grande-gueule pour reconquérir le vote populaire. Grande gueule mais pas populiste. Bertrand doit prouver que c’est possible (rond et carré à la fois), demander plus de fermeté contre les délinquants tout en refusant (contre la majorité de ses électeurs potentiels) de rouvrir le débat sur la peine de mort, par exemple. Retailleau ou Bertrand, si la décision devait être prise aujourd’hui ce serait l’un d’eux. Sans être droite-blanquette, ils ne sont, pour autant, ni populistes ni antisystèmes… 

C’est dire s’ils sont mal barrés pour être élus à notre époque ! 

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