Les candidats de la primaire de la droite, les écologistes et Jean-Luc Mélenchon ont tous fait leur rentrée politique samedi et dimanche.

Gros week-end de rentrée politique, tous les candidats de la primaire de la droite, les écologistes, Jean-Luc Mélenchon étaient sur des tribunes.

Oui, chacun, à droite s’est placé, là où on l’attendait. Un Nicolas Sarkozy, énergique, éruptif et clivant, très « culture du chef », un Juppé au ton pondéré et combatif à la fois, à l’autorité plus classique, jouant la partition de l’homme d’Etat respectable. De leur côté, les écologistes se sont bien tenus à Lorient… Cécile Duflot et Yannick Jadot, les deux principaux concurrents de la primaire des écolos, pour l’instant, se respectent sans encore trop ce distinguer. A ce stade de ma chronique vous êtes en droit vous demander si je suis bien revenu de vacance parce que je ne vous dis rien de saillant ! Et bien en réalité, dans ce week-end bavard, deux paroles (de mon point de vu) se distinguent. Celle de François Fillon et celle de JL Mélenchon, par leur audace et leur originalité. François Fillon d’abord : L’ancien 1erMinistre a donné de grands coups de cuillères sur les casseroles que Nicolas Sarkozy était en train de réussir à faire oublier "Il ne sert à rien –dit-il- de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable", avant de faire une étrange analogie… en disant « que le général de Gaulle n’aurait pas été candidat s’il avait été mis en examen ». Analogie très efficace mais aussi absurde que de dire que le général de Gaulle n’aurait pas été candidat s’il avait divorcé et épousé un mannequin italien, ex de Mick Jager. Mis à part cet anachronisme, Fillon aborde ce sujet problématique – la situation judiciaire de N.Sarkozy- que plus personne ne soulève… ni la gauche, qui prie pour une victoire de l’ancien président à la primaire, ni la presse qui semble avoir intégrer l’impunité des politiques et l’idée que la lenteur de la justice rend N.Sarkozy, de toute façon, hors de portée des affaires. Est-ce une répartition des rôles entre Fillon et Juppé dans une optique d’alliance future ? Toujours est-il qu’à droite, ce WE c’est F.Fillon qui aura marqué, si non des points, du moins les esprits.

L’autre personnage qui se distingue (selon vous) c’est JL Mélenchon,

Oui, lui aussi a rappelé une vérité oubliée. Evoquant l’affaire du burkini, à propos de laquelle il s’oppose bien sûr à toute loi sur le sujet, il a néanmoins fustigé l’islam démonstratif et le burkini ridicule, et dit ceci : « nous avons le droit d’être des indifférents à la religion, ou bien d’être athée, ou agnostique. Ceux qui croient ont le droit d’être croyant en silence, de n’éprouver aucun besoin d’afficher de quelle manière ils croient en dieu. » Une tirade bienvenue que devraient apprécier des millions de français de tous bords, épuisés par ces débats. Tirade qui s’adresse autant aux intégristes religieux qu’à ceux qui sur-réagissent par récupération politique. La grande majorité des français ne croient pas ou n’accordent qu’une importance relative à la religion. Une grande majorité des croyants en fait une affaire intime et tous ceux-là se sentent pris en otage, submergés par ces violents débats qui leur paraissent vains et qui pourrissent la cohésion sociale. JL Mélenchon -à Toulouse hier, aura su traduire leur ras-le-bol.

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