Jean-Luc Mélenchon, seul opposant audible au macronisme…pour le moment !

Oui, Jean-Luc Mélenchon installe, avec une certaine efficacité, une sorte de populisme de gauche ! Ce mot de « populisme », les Insoumis l’assument, ils le théorisent même et préfèrent dire « populisme humaniste ». Ces 2 termes peuvent-ils être accolés ? Ça se discute mais populisme ne rime pas forcément avec extrême-droite, ce peut être simplement l’établissement d’un lien direct entre le peuple et un dirigeant ou une organisation, dans un climat entretenu de défiance envers les institutions et leur relais. Les mélenchoniens assument donc de faire du gros rouge qui tache, de l’outrance pour réveiller les Français, au moment où se prépare, selon eux, une casse sociale sans précédent ! Ils assument d’aller trop loin, comme quand Jean-Luc Mélenchon appelle le peuple à déferler sur Paris, contre la loi travail, osant le parallèle avec le déferlement des résistants marseillais pour libérer leur ville en 44 !

Trop loin quand il parle du « Jean-foutre » Macron, d’un coup d’état social et démocratique. L’outrance est aussi faite pour nous, les journalistes ! Pour que nous nous étranglions d’horreur, il joue avec nos pudeurs de gazelles démocratiques afin de nous inclure, aux yeux du peuple, dans le vaste système libéral-oppresseur… La dénonciation de la presse est un élément du populisme assumé. C’est, au fond, une stratégie de communication assez lourdingue, certes, mais qui, en ce moment, porte ses fruits. Il y a, en réalité, peu de danger démocratique avec les Insoumis qui sont surtout attachés à la préservation de la République sociale qu’ils pensent menacée. Mais le problème, c’est que le populisme, même humaniste, même à l’opposé de l’extrême droite, défie la complexité, s’appuie sur une simplification générale de tous les sujets… ça ne rehausse pas forcément le débat mais ce populisme peut-être –disent-ils- la solution pour porter un coup de grâce au Front National…

D’ailleurs Jean-Luc Mélenchon s’en prend aussi au Front National !

Oui, il a traité les électeurs du FN de « gros ballots »… c’est un drôle de terme dans le débat politique. Rien de moral, ni même d’idéologique. Il ne s’insurge pas contre tout ce que représente, politiquement, l’extrême droite et qu’il exècre, bien sûr… non, « gros ballots », c’est plutôt une rodomontade désuète, presque affectueuse ! Il ne stigmatise pas les électeurs FN, il leur dit juste qu’ils se font avoir. Il leur offre ce qu’ils ont l’air d’aimer : un chef et sa gouaille gueularde et protestataire, pour dire leurs colères. Réorienter la colère identitaire des électeurs frontistes vers une colère plus saine, sociale… voilà le but des responsables Insoumis.

Le niveau de la mobilisation contre la loi travail sera le 1er moyen d’évaluer l’efficacité de la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. Mais c’est bien le FN, plus qu’Emmanuel Macron, qui peut craindre le talent bruyant des Insoumis. Le président, à l’instar du Général de Gaulle à l’égard des communistes, peut se dire qu’une opposition aussi radicale (et qui recouvre de son ton tonitruant toutes les autres oppositions) peut même lui être utile parce qu’elle est encore loin de ressembler à une alternative aux yeux des Français.

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