Les municipales dans les grandes villes vont être un révélateur de ce qu’est vraiment La République En Marche. Quelle est la colonne vertébrale de ce mouvement dans un cadre démocratique (les municipalités) où il ne s’agit pas de se contenter d’appuyer la politique d’Emmanuel Macron ?

Paris est l’endroit en France qui a le plus voté Macron en 2017. LREM y a aussi remporté un franc succès aux européennes. Mais, traduction limpide de l’évolution du macronisme... LREM a fait ses plus gros scores dans les arrondissements de droite aux européennes, alors qu’elle avait cartonné plutôt auprès de l’électorat de gauche en 2017. 

Le vote Macron s’est déplacé. Aujourd’hui... Paris est une ville fortement écologiste à gauche et à l’est et plutôt macroniste à droite et à l’ouest. Mais les élections à Paris, par arrondissement, c’est comme aux Etats-Unis. Il ne suffit pas d’être majoritaire (ce n’est même parfois pas nécessaire), il faut gagner les swings-states, les arrondissements bascules, 12ème ou 14ème, par exemple. 

Le rapport de force est une accumulation de situations locales. Et pour l’instant, compte tenu de la bonne entente entre Anne Hidalgo et les écologistes, de plus en plus puissants, la maire de Paris, après des mois sous les critiques, le mécontentement et le bashing, aborde, au contraire, cette rentrée en force, avec de bonnes perspectives d’alliances écolo-socialistes entre les deux tours de mars prochain. 

Pourquoi il n’est pas évident que LREM réitère ses bons scores aux municipales

D’abord parce que la logique du dépassement du clivage gauche-droite qui prévalait pour la présidentielle n’est pas forcément pertinente pour les municipales, alors que les électeurs ont une bien meilleure opinion de leurs élus. Les présidents, de gauche et de droite, se succédaient à l’Elysée sans résoudre la crise. L’idée de réunir les modérés de chaque camp pour sortir de l’impuissance avait sa logique ! 

A Paris, on aime ou on déteste Anne Hidalgo mais personne ne peut la taxer d’impuissante. Elle a, comme de nombreux maires de grandes agglomérations, mené une politique volontariste visible et concrète. Elle est d’ailleurs plus attaquée sur sa personnalité ou ses méthodes que sur le fond de sa politique. 

Après avoir râlé, finalement personne ne remet en cause l’idée directrice qui préside dans toutes les grandes villes : limiter la place de la voiture. Les causes politiques (principalement l’impuissance publique) de la victoire d’Emmanuel Macron au niveau de l’Etat n’existent donc pas au niveau municipal. Aujourd’hui, pour être élu, Benjamin Griveau va devoir s’appuyer sur les arrondissements de droite. 

Dans les villes de droite, les candidats LREM vont-ils s’appuyer sur les forces de gauche pour gagner ?

Le tableau d’ensemble des candidats LREM risque de ressembler à un patchwork opportuniste sans cohérence ! Un autre candidat issu d’EM se profil : le mathématicien Cédric Villani, ancien président du comité de soutien d’Anne Hidalgo en 2014... Où est la logique ? Pour l’instant la politique municipale alternative proposée par EM, à Paris ou ailleurs, n’a pas trouvé sa consistance.

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