La crise grecque projette Dominique Strauss-Kahn en toute première ligne en Europe, à deux ans de la présidentielle française.DSK, sauveur ou fossoyeur de la Grèce ? Pour l’un de ses proches, c’est comme un fusil à un coup. Soit l’opération grecque réussit, et Dominique Strauss-Kahn incarnera le champion qui aura tiré la zone euro d’une très mauvaise passe. Quand viendra la présidence française du G20, il apparaitra alors comme l’homme de la situation sur la scène internationale. Il sera sous les feux de la rampe. Soit l’opération grecque dérape. Souvenez-vous les panneaux dans les rues d’Athènes : « FMI Go Home », dehors. Et DSK cristallisera sur lui toutes les critiques contre ces institutions internationales adossées aux banques qui ne tiennent pas compte de la souffrance des gens. Il y a eu hier la photo, au côté d’Angela Merkel la rigueur, la chancelière qui traîne des pieds parce que son opinion en Allemagne ne veut pas être la vache à lait de tous les pays membres qui ne se serrent pas la ceinture. Dominique Strauss-Kahn, et Jean-Claude Trichet le président de la Banque centrale européenne sont en première ligne, au chevet de l’Union. Pendant que Nicolas Sarkozy piaffe lui à l’autre bout du monde, en Chine. Le chef de l’Etat s’est d’ailleurs adressé à la presse qui couvre son voyage officiel pour rappeler qu’il n’oubliait pas la Grèce. Un des plus fidèles conseillers de Dominique Strauss-Kahn est convaincu que les électeurs socialistes, français, ont l’œil rivé sur la prestation de celui qui pourrait porter leurs couleurs en 2012. DSK, qui s’adresse à Georges Papandréou, dirigeant socialiste européen, doit trouver le point d’équilibre : représenter un FMI de gauche, avec une dose de rigueur. Il doit montrer qu’il est en même temps au côté du peuple grec. En clair, cette attitude appliquée à la Grèce, vaudra pour la France en 2012. Mais il ne veut surtout pas qu’on lui parle de la prochaine élection présidentielle…Mais ne le dites à personne, la présidentielle, il en a très envie. Les récents appels à une candidature Strauss-Kahn pour 2012 l’énervent prodigieusement. Il y a eu François Patriat le président de la région Bourgogne mardi … Et Michel Sapin l’ancien ministre de l’économie hier… Dominique Strauss-Kahn ne veut rien dévoiler de ses intentions. Ses amis ont l’œil rivé sur les sondages, ceux de la rentrée prochaine. Si Dominique Strauss Kahn représente un meilleur champion que Martine Aubry face à Nicolas Sarkozy, il ira. Mais en dehors de la primaire socialiste à l’automne 2011. Son entourage parie sur d'hypothétiques difficultés pour la première secrétaire au sein du PS. DSK apparaîtrait alors comme un recours. Il sait bien qu’il séduit à droite et au centre, mais qu’il a un problème sur sa gauche. S’il s’engage, il s’adressera à tous ces électeurs qui le trouvent trop libéral: avez-vous envie d’une quatrième défaite ? L'un de ses amis le reconnait toutefois: cela fait beaucoup de "si". Martine Aubry, si elle continue sur sa lancée, va mettre tout le monde d'accord. Un éventuel retour de Dominique Strauss-Kahn sur la scène nationale s’avère extrêmement compliqué.

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