Par Stéphane Leneuf.

L’amitié Franco allemande en a pris un sérieux coup ce week-end. À l’origine de ce coup de fièvre, un texte du PS sur l’Europe qui doit être présenté demain au conseil national… Avec une question, peut-on critiquer la politique d’austérité d’Angela Merkel ?

Ce texte piloté par Jean Christophe Cambadélis, vice-président du parti socialiste européen, s’en prenait dans un premier temps à l’intransigeance égoïste d’Angéla Merkel, et il la qualifiait de « chancelière de l’austérité ».

Des propos très virulents, qui faisaient suite, on s’en souvient à ceux qui sont tenus par Claude Bartolone jeudi dernier, qui appelait lui-même à une confrontation avec l’Allemagne. François Hollande, le 28 mars dernier lors de son intervention télévisée, ayant évoqué le premier « une tension amicale » avec l’Allemagne.

On sait que la confiance est rompue entre François Hollande et Angela Merkel depuis de nombreux mois, et on se demande à quel jeu jouent aujourd’hui certains socialistes en faisant d’Angela Merkel un bouc émissaire des problèmes que connaît la France.

La partition entamée n’est pas nouvelle. Elle trouve d’ailleurs des relais dans d’autres, pays européens qui contestent de plus en plus l’austérité imposée par l’Allemagne. Mais l’angle d’attaque choisi par les socialistes est trop personnel pour ne pas risquer de sombrer dans la démagogie et faire le lit des populismes a l’heure où une majorité de Français doutent de plus en plus de l’Europe.

François Hollande avait-il réellement intérêt à entraver cette initiative ?

Rien n’est moins sûr. En laissant le parti s’en prendre publiquement à Angela Merkel, il donne des gages à la gauche du PS et il évite peut-être que cette aile gauche mette en difficulté le gouvernement lors de la convention Europe de juin prochain.

Surtout il permet de désigner un nouvel ennemi à savoir la droite allemande et les droites européennes, le tout dans la perspective des élections européennes de l’an prochain, ce qui est toujours bon pour ressouder le moral de troupes déprimées.

Une stratégie qui ferait le pari d’une défaite de la chancelière le 22 septembre prochain lors des élections législatives. Un pari doublement risqué car Angela Merkel est en tête dans toutes les enquêtes d’opinion et si les sociaux-démocrates arrivent au pouvoir, rien ne dit qu’ils changeront de politique.

Entre affrontement et conciliation avec l’Allemagne, la ligne est étroite pour le président de la République.

La conciliation c’est prendre le risque de se mettre une partie de sa majorité à dos et d’enterrer le débat sur la relance alors qu’il l’a lui-même initié en Europe.

L’affrontement c’est mettre en danger la relation franco allemande pour le reste du quinquennat et surtout continuer de braquer un partenaire indispensable en Europe… Difficile à imaginer, surtout si Angela Merkel est réélue en septembre.

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