L'édito politique de Françoise Degois. __Ce matin un constat : la trêve des confiseurs, ça n'est pas pour tout le monde. Et non, idéalistes que nous sommes, nos grands yeux de grands enfants ; encore embués du bonheur de Noël. Paix, amour et buche au chocolat. Et nous voilà refroidis, giflés, insultés même par un, certain Monsieur Dieudonné. En parler ou pas, telle est la question, l'éternelle question.... concernant ce Monsieur qui n'a plus aucune limite dans son délire obssessionnel. Vendredi soir, voilà donc Dieudonné, devant une salle pleine à craquer du Zénith de Paris, faisant monter sur scène le négationnaiste Robert Faurisson, pour lui décerner le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence, remis par l'un des assistants du spectacle habillé en déporté juif. C'est à vomir, disons le franco et on se demande bien ce matin ce qui est le plus grave : la récidive de Dieudonné et le peu de réactions politiques qu'elle engendre - hormis Christine Albanel qui se déclare consternée - ou bien les applaudissements et les rires des 5000 spectateurs du Zénith totalement bidonnés "Ouarf ouarf ouarf", ou encore l'indifférence générale qui semble s'installer. Une pensée, au passage, pour tous ceux qui, depuis des années, se taisent ou soutiennent, par pure provocation, ou au nom de la liberté d'expression, ce triste clown. Oui on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui disait Desproges. Et les années passent, et Dieudonné est toujours là. Il fut un temps où l'on aurait fait des manifs pour ça. Les temps changent, en mal. Pas de trêve des confiseurs non plus en politique. Et à ce stade, on se demande, un peu étonné, un peu moqueur... jusqu'où iront-ils ? D'abord les socialistes, qui nous ont gratifiés, pendant des mois, d'un spectacle en son et lumière difficilement égalable dans les années qui viennent. Le PS a été à la hauteur de sa réputation : triches et sectarisme à tous les étages. Et on était en droit de se dire qu'après tout, nous aussi, spectateurs impuissants de ce barnum, nous pouvions savourer quelques jours de paix. Et bien pas du tout. Voilà que le sémillant porte parole du parti, Benoît Hamon, se lâche et dans le mensuel "Bretons" à paraître en janvier, rallume la guerre en tapant sur les royalistes "qui ont dans le sang, je cite, le poison de la division." Le sang, le poison... ça rappelle un peu les Borgia et les Médicis. On pensait avoir atteint tous les niveaux. Et bien non. Il y a encore quelques étages au sous sol qui restent à explorer pour le parti socialiste, qui n'en finit pas de se dévaster intérieurement, entre royalistes, aubrystres, fabiusiens, hamonistes, montebourgeois, emmnauellistes, vallsions, peillonistes, hollandais, guérinistes, on en passe et des meilleures... Tout ce petit monde oublie simplement que personne ne pourra gagner sans l'autre. Faudra pas venir pleurer. Et c'est finalement l'UMP qui respecte le plus la trêve, avant reprise des hostilités sur l'audivoisuel public ou le travail du dimanche. Et bien à droite, on est sage comme des images. Normal, puisque le chef est en vacances. Après avoir fait abstinence cet été au Lavandou, Nicolas Sarkozy n'a pas pu résister à la tentation. On tombe toujours du côté où l'on penche. Soleil brésilien et jogging sur une plage avec Carlita. C'est beau comme de l'antique. Cette année, photos rares... Il faut dire que la marine brésilienne veille pour empêcher toute paparazzade - ça devient d'ailleurs une sorte de rite, une date à rajouter sur notre calendrier de fin d'année. Tous les ans, c'est Noël ET jogging à l'autre bout du monde. La France se gèle le coeur, se caille le porte monnaie, s'angoisse sur les plans sociaux, mais qu'elle se rassure, le président veille, même loin, mais il veille. Heureux qui comme Nicolas Sarkozy a fait un beau voyage.

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