Ce matin vous évoquez la nouvelle manie des politiques : ils twittent à tout va .

On a beaucoup commenté et analysé, ce phénomène qui n’est pas sans influence sur le rythme déjà effréné du débat public. Le tweet politique. Tweeter permet aux responsables politiques de toucher d’une façon inédite un public en pleine expansion (il y a déjà trois millions d’utilisateurs en France). Avec, entre 80.000 et 130.000 inscrits, les trois personnalités politiques qui ont le plus de followers ; - suiveurs en français- sont Nathalie Kosciusko-Morizet, François Hollande et Benoit Hamon. Leurs messages, à eux comme aux autres, limités à 140 signes, ne sont pas tous passionnants. Bien souvent, cela se résume à un condensé de communiqué officiel, un point d’agenda (aujourd’hui je visite une usine de yaourts dans ma circonscription, dans 10 minutes je suis sur France-Inter), ou à une prise de position ponctuelle sur un fait d’actualité. Les socialistes, depuis 3 jours par exemple, rappellent en boucle le record atteint par le chômage. On peut voir, aussi, apparaître, en quelques heures, la tonalité des « éléments de langage » établis par les états-majors. Là, encore, les socialistes bombardent le réseau avec des appels à s’inscrire sur les listes électorales, il ne reste que deux jours pour cela. Même Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, (joliment surnommée Valérie Twiterveller), tweete, en ce moment, régulièrement, pour tenter de réveiller les non inscrits.

Parfois les tweets politiques s’apparentent à une série de slogans, en forme de truismes. Ainsi, comme ça, sans raison particulière, le 26 décembre au matin Nadine Morano nous assène cette vérité : « il faut mieux mettre en adéquation les formations et les besoins en recrutement des entreprises ». Soit, Twitter c’est aussi la façon, pour un politique, de faire passer un message sans avoir besoin de développer, une sorte de « j’dis-ça-j’dis-rien ». Ainsi, Jean-Pierre Raffarin, en quelques mots, s’est félicité du retrait du dispositif Guéant sur les étudiants étrangers. Yannick Jadot a annoncé sur Twitter qu’il démissionnait de son poste de directeur de campagne d’Eva Joly. Ni l’un, ni l’autre, ne voulaient en dire plus. Ça tombe bien, il n’y a pas la place.

Et il y a des tweets politique plus personnels

Et, toujours, la star du moment, Nadine Morano, qui passe beaucoup de temps sur Twitter, tweete tout ce qui lui passe par la tête : ses impressions après la messe de minuit, mais aussi ses commentaires, en direct, sur les émissions de télé qu’elle regarde. C’est simple, je ne suis sur Twitter que depuis deux semaines et je crois qu’au total j’ai déjà lu plus de Morano que de Proust dans toute ma vie.

Autre accros : Eric Besson. Le point commun entre Besson et Morano c’est qu’ils dialoguent, vraiment, avec d’autres adeptes de Twitter. Seulement, souvent, ce sont des petits débats assez acrimonieux et moqueurs. « Débat » est un bien grand mot pour ces échanges en 140 signes. Twitter fait aussi réapparaitre des hommes politiques disparus. Ce sont, évidemment, de faux comptes, mais qui sont parfois assez amusants. Mitterrand, de Gaulle, même, Félix Faure ; ils y sont tous. Mon préféré, absurde et un peu poétique, c’est le compte de Deschanel 2012. Paul Deschanel revient, 90 ans après son retrait de la vie politique. Il se présente à la présidentielle et nous informe par Twitter de ses activités. Alors, bien sûr, il découvre un peu le monde moderne mais il s’y adapte. Il a, par exemple, rendez-vous avec Marc Zuckerberg, le fondateur de Facebook, pour tenter de relancer le Minitel au niveau mondial. Il a, aussi, été à l’enterrement de Vaclav Havel, en train, évidemment, en jurant qu’il prendrait bien soin, cette fois-ci, de ne pas ouvrir les portes pendant le trajet.

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