A cinq mois de la fin de son mandat, François Hollande cherche à montrer que s'il n'a pas réussi son quinquennat, il peut réussir sa sortie.

Après la grâce accordée hier à Jacqueline Sauvage, François Hollande se lâche enfin... A ceux qui pensaient que le président allait consacrer les derniers mois de son quinquennat à inaugurer les chrysanthèmes ... Et bien non, il veut les marquer de son empreinte. Que dans les livres d'histoire, dont il est féru, il n'y ait pas qu'a son crédit.. quelle mesure phare ? Posez la question autour de vous, on vous répondra le mariage pour tous. Ca fait peu.

Le premier décembre, il était entré dans l'histoire en prenant la porte de sortie ... Premier président en situation de se représenter à jeter l'éponge ... Depuis il n'a plus aucune pression électorale, aucune contrainte... Il n'a plus rien à perdre, il n'a plus à se comporter comme un premier secrétaire du Parti Socialiste, l'homme de la synthèse, du compromis... Plus besoin de s'occuper de la machine socialiste des frondeurs ... Il suit son feeling.

C'est là ou l'on voit les inconvénients du quinquennat ... Un président élu pour la première fois dès le début de son mandat est en quête de réélection... Un président qui ne se représente pas sait que pertinemment il n'a plus rien à perdre. Le chef de l'Etat a une occasion rêvée de rehausser sur le tard son bilan et son image. En montrant que s'il n'a pas réussi son quinquennat, il peut réussir sa sortie. Dommage qu'il n'ait pas exercé le pouvoir ainsi dès 2012.

François Hollande peut même aller plus loin. Ce n'est pas un président à bout, mais un président jusqu'au bout. Et même s'il se murmure que François Hollande regretterait cette renonciation, impossible pour lui de revenir en arrière. Le président doit mettre à profit ces cinq mois, il doit jeter toutes ses forces dans la bataille ... Celle pour l'emploi est en passe d'être gagné, y compris en prenant des mesures qui électoralement parlant auraient pu se révéler impopulaires, s'il avait été candidat... Mais il n'a plus à intégrer cette problématique.

Des promesses emblématiques de 2012, il en reste encore quelques unes : le droit de vote des étrangers aux élections locales ? Il n' a pas de majorité au congrès. Pourquoi ne pas réessayer d'en trouver une, aller la chercher avec les dents comme dirait l'autre, pour qu'enfin cette promesse de trente ans soit tenue. Le peuple de gauche la réclame. La mise au pas de la finance et de l'évasion fiscale ? Et pourquoi pas encadrer les bonus des grands dirigeants ? Dernier exemple, la plus-value de Carlos Ghosn qui fait tache... Éviter les recasages intempestifs de ses conseillers qui font le lit du Front National ... Et enfin faire que les jeunes vivent mieux à la fin de son quinquennat qu'au moment de son arrivée. Vaste chantier, mais en 5 mois... Mais vous savez, on peut toujours faire des miracles... C'est peut être la période qui veut ça.

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