La candidate communiste est ce matin l'invitée de France Inter. Où en est-elle dans sa campagne ? Un quizz d'abord pour commencer. Qui a dit ? « Je ne crois pas à la pérennité d’un capitalisme dans lequel l’homme ne compterait pas?" « Il faut cesser de faire du travailleur la seule variable d’ajustement de l’économie » ? Vous pensez évidemment à Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, ou même Marie-George Buffet ? Et bien non, toutes ces citations sont tirées d’un discours de Nicolas Sarkozy, l'Arsène Lupin de la droite, qui fait main basse sur les bijoux de famille de la gauche, et même d'ailleurs sur la famille en se réclamant de Jaurès ou Guy Mocquet ! Alors, si je vous rappelle ces citations, c’est qu’elles sont le dernier avatar, et en réalité pas le plus grave, d’une campagne présidentielle qui s’annonce compliquée pour notre invitée. Pour Marie-George Buffet a priori, l'équation est simple : En 2007, il faut faire mieux que le score terrifiant de Robert Hue en 2002, 3,37%. Pour y parvenir, un modèle, refaire le coup de 2005. 2005 et la dynamique unitaire créée à gauche autour du non à la constitution européenne. Marie-George Buffet a longtemps cru à cette nouvelle odyssée politique, rêvant d’un arc qui irait de Besancenot à Taubira, qui permettrait au PC d’esquiver enfin son face à face mortifère avec le PS, de se frayer un passage entre la droite et la gauche social démocrate. Mais quand il s’est agi de trouver un candidat unique de la gauche anti libérale, là forcément, il y avait trop de monde sur la photo, et les communistes ne pouvant accepter d’en disparaître, Marie-George Buffet a décidé d’être unitaire à la place de tous. Des personnalités du collectif ont dénoncé ce nouveau coup de force du PC,"ça me rappelle les chars de Budapest " s’est même exclamée l'une d'elle, c'en était fini de l'unité. Depuis, elle a eu beau effacer la faucille et le marteau de tout son matériel de campagne, elle a eu beau quitter son poste de numéro 1, Marie-George Buffet se retrouve aujourd’hui réduite à ce qu’elle ne voulait pas, être la candidate du seul parti communiste. La preuve, à ses côtés, comme les fois dernières, Lutte ouvrière, la LCR. Pire, dans quelques jours, José Bové, qui doit faire son entrée en campagne. Alors la vraie question est aujourd'hui celle-ci pour Marie-George Buffet : Elle qui stagne dans les sondages à 3% des intentions de vote, résistera-t-elle à la popularité du paysan altermondialiste, futur allié d'ailleurs peut être d'un Besancenot en mal de signatures ? En échouant à incarner l'unité de la gauche anti libérale, Marie-George Buffet s'est condamnée à faire une campagne classique, dans les usines, les banlieues, à porter un discours classiquement communiste, qui a son public et ses électeurs certes, mais dont on voit mal aujourd'hui ce qui pourrait faire qu'il porte tellement au délà des 3% de la dernière présidentielle.

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