Nicolas Sarkozy ET Ségolène Royal sont en meeting ce soir. L'un au Havre, l'autre à Paris. Les deux ex candidats à la présidentielle ont décidément du mal à « décrocher » des campagnes électorales. Il faudrait leur dire pourtant. Leur dire que c'est fini. Dire à Nicolas Sarkozy qu'il y a un temps pour tout. Un temps pour la campagne, en l'occurence, il n'en n'a pas manqué pour mener la sienne - 5 ans quasiment depuis 2002 à livrer une guerre d'élimination de ses concurrents, d'usure de son prédécesseur - 5 ans de séduction des français, de démonstrations quotidiennes que le "faire savoir" est plus important encore que le "savoir faire", 5 ans pour s'imposer. Au bout du compte, il fut le seul dans sa famille à concourrir. C'était une première victoire. La seconde est plus essentielle encore : il a remporté l'élection présidentielle - ça, c'est fait. Alors, il peut bien continuer de courir, si c'est sa nature, son hygiène de vie et sa conception de la politique, il serait sage néanmoins de faire une pause, pas pour ralentir, non, juste peut être, pour se "présidentialiser", vous savez, acquérir cette imperceptible touche, cette once de stature supplémentaire qui vous fait passer du commun des candidats à l'exception des présidents. En se rendant ce soir au Havre en meeting, pardon, en "réunion républicaine", décidément même lui n'en a pas tout à fait fini avec l'hypocrisie des mots, le président reste donc fidèle à lui-même et sa conception du pouvoir; être le patron, tout diriger, tout gouverner, être le chef de la majorité, le leader des futurs députés, être TOUT et Tout faire. Dans le miel de l'état de grâce, tout passe, mais attention aux premiers nuages, Nicolas Sarkozy prend le risque dans les mois qui viennent de n'avoir d'autre fusible que lui même. Il faudrait lui dire, qu'il est aujourd'hui PRESIDENT. A Ségolène Royal et ses amis du parti socialiste, il faudrait leur dire aussi. Leur rappeler qu'ils ont Perdu. 3 semaines après sa défaite, et après avoir marché sur le toit de Solférino comme d'autres ont parait-il marché sur l'eau, la candidate socialiste a visiblement renoncé à faire dans l'immédiat son examen de conscience sur les causes de son échec. Ses camarades eux, ont pour la plupart trouvé leur bouc émissaire, Hollande, Royal ou carrément les Français, ça dépend où ils se placent. Dans la plus grande des pagailles, les socialistes tapent donc à l'aveugle sur le président, ça c'est de bonne guerre mais ils ont du mal à se mettre d'accord sur l'angle d'attaque, souhaitent-ils que Nicolas Sarkozy tienne ses promesses comme semblait lui demander Royal hier ou à l'inverse qu'ils les abandonne comme le réclament d'autres, on n'a pas encore bien compris - et surtout ils se tapent sur la tête entre eux. Non pardon, pas ce soir. Finalement, au Zénith à Paris, à 12 jours du premier tour des législatives et après avoir perdu plus de 3 semaines, ils seront tous là les socialistes, côte à côte. Enfin. Tiens, et si finalement, quelqu'un leur avait dit, qu'ils ont perdu, et qu'un échec, ça peut servir à quelque chose ?

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