Hier Nicolas Sarkozy était en déplacement dans le Nord de la France ; une visite de terrain que le candidat devait normalement consacrer à l'emploi. Mais il y a eu comme un changement de programme. C'était normalement effectivement le déplacement du candidat libre de toute attache et de tout passé, vous savez celui qui lundi, déclarait en quittant la place Beauvau que ce qui lui importait désormais, c'était de montrer tout l'amour qu'il portait à la France et aux Français C'était normalement le déplacement d'un candidat qui entend promouvoir dans son projet l'emploi et la valeur Travail, et qui pour en parler, avait choisi avec quelque pertinence une région qui a subi toutes les mutations industrielles et économiques. C'était normalement le déplacement d'un candidat rassembleur, avide d'effacer les clivages, au moins historiques entre la gauche et la droite, et qui était enchanté de pouvoir saluer hier à Lille, De Gaulle, figure locale s'il en est, aussi bien que Roger Salengro, ministre de Léon Blum. Mais voilà, il y a eu quiproquo... car en réalité, le candidat a très vite disparu sous ce qui reste son vrai costume : celui de ministre de l'Intérieur ! La fonction est aujourd'hui occupée par un autre, mais Nicolas Sarkozy reste prisonnier ou garant selon où on se place, de ses 5 années d'action à lutter contre l'insécurité. De ses réussites et de ses échecs. Gare du Nord hier midi, à un niveau seulement de là où se sont déroulés les incidents la veille, et alors que l'actuel ministre n'y a toujours pas mis les pieds, Nicolas Sarkozy défend avec virulence, malgré les insultes qui fusent de ci de là, le travail des forces de l'ordre. Il fustige la permissivité post soixantuitarde. Au fil de l'après midi, il durcira le ton... "je veux parler au nom de ceux qui paient leur billet de train, pas de ceux qui cassent les gares déclare-t-il d'abord. J'ai besoin de la France silencieuse, qui dise, maintenant, ça suffit." A Lille, ulcéré par les attaques portées par ses concurrents, notamment par Ségolène Royal qui parle "d'échec sur toute la ligne de la politique de sécurité menée par la droite depuis 5 ans", il "contre charge" "c'est clair, tonne-t-il, l'autorité, c'est de notre côté, la fraude et le soutien à la délinquance, de l'autre". Gauche laxiste contre droite autoritaire et répressive, c'est reparti pour un tour. Et ça nous rappelle forcément quelque chose. Retour dans le passé, campagne de 2002; insécurité, crise de l'autorité ou crise sociale et sociétale, quelles responsabilités ou irresponsabilité des uns et des autres, qu'est-ce qui a changé ? Seulement le camp de ceux qui doivent assumer leur bilan. Nicolas Sarkozy veut croire que ce dernier sera porté à son actif, quand la gauche espère l'en rendre comptable. En réalité, personne ne sait à qui profitera à nouveau le désordre. Jean-Marie Le Pen, lui, s'est contenté hier d'un communiqué laconique évoquant la "faillite de Nicolas Sarkozy". Lui rêve évidemment d'un bis repetita de l'histoire.

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