**Les cantonales sont passées et c’est maintenant le temps des clarifications nécessaires.Oui, pour les deux grands partis de gouvernement. Le PS victorieux pourrait être tenté de ne pas opérer les clarifications programmatiques nécessaires à la crédibilité, et même à l’honnêteté de son projet. Nous allons y revenir. Pour l’UMP menacée dans son existence, les clarifications sont plus urgentes et plus vitales. Battue dimanche, il lui faut choisir une ligne claire pour ou contre la poursuite des débats sécuritaires et identitaires. Voilà que réapparait la vielle dichotomie entre, non pas centristes et gaullistes, mais entre d’un coté centristes, gaullistes, et de l’autre, néogaullistes autoritaires et conservateurs. Comme si l’UMP voulait remettre au goût du jour la vieille terminologie poussiéreuse héritée de René Rémond : Orléanistes contre Bonapartistes. La clarification devra s’opérer, soit par une scission de l’UMP soit par une décision autoritaire du président, qui ne pourra, s’il veut maintenir l’unité de son camp, que se faire au profit de ce que réclament les modérés. Ce qui serait pour lui une remise en cause personnelle. Mais le plus gros problème de la droite n’est pas là. Il est plutôt dans la façon de gouverner du président. Ce qui s’est passé hier résume parfaitement trois ans et demi de gouvernance en incohérence avec l’esprit de la Cinquième république : depuis dimanche soir, nous n’avons pas entendu le Premier ministre, qui, selon nos institutions, est le chef de la majorité. C’est lui qui devrait être à la tête de la majorité car c’est lui qui est responsable devant le Parlement. Le Président de la République ne devrait plus se comporter en chef de parti puisqu’il est élu par l’ensemble des Français. Or, hier, c’est à l’Elysée que s’est réuni l’état-major de l’UMP, pas à Matignon. Et dans la soirée, sur Canal Plus, le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé a critiqué le Premier ministre au nom du respect de la stratégie présidentielle. Un clash inédit. Cette façon de gouverner met le chef de l’Etat dans une posture partisane qui l’empêche, depuis mai 2007 de revêtir les habits de Président de la République. Clarifications nécessaires aussi à gauche...Prenez le cas de Martine Aubry, hier à ce micro. Sa position sur le débat nucléaire n’était pas d’une limpidité exemplaire ! « Oui à un débat, éventuellement sur la sortie du nucléaire ». Alors puisqu’il y a un avant et un après Fukushima, on comprend bien que le PS soit dans une phase de réflexion mais chacun sait que les avis sont très divers chez les socialistes sur la question et si le flou passait encore avant la catastrophe, il va bien falloir qu’ils arrêtent une position précise et compatible avec leur principaux partenaires, les écologistes. Il en va de même sur les questions de finances publiques. Quid de l’attitude à adopter face aux grands canyons des déficits? 300.000 emplois d’avenir au programme, financés, nous dit-on, par le retour à l’ISF ou la fin de la défiscalisation des heures sup’. Mais ce ne sont pas les premières dépenses dont on nous annonce qu’elles seront financées par ces deux taxes, la fin du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, par exemple devait être ainsi financée. On connait le fameux mot du cardinal de Retz selon lequel « on ne sort de l’ambigüité (en politique comme en amour) qu’à son détriment » mais le flou qui n’empêche pas de gagner les élections locales, peut faire perdre les élections nationales ou les faire gagner mais sur des bases malsaines pour la suite.**

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