Maurice Lévy est le meilleur agent de Jean-Luc Mélenchon dans cette campagne !

Oui, Maurice Lévy, patron de Publicis va donc toucher un complément de salaire de 16 millions d’euros. Hier matin, Philippe Lefébure nous détaillait l’invraisemblable mécanisme qui conduit à cette démesure. Les candidats ou leurs soutiens ont tous réagi avec à peu près les mêmes accents indignés, comme si on leur annonçait que le PDG-publicitaire venait de détrousser une petite vieille. Les propos, de Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat Sarkozy ressemblaient à ce que la regrettée Arlette Laguiller répétait de présidentielles en présidentielles jusqu’en 2007. Il aurait suffit de rajouter : « travailleurs, travailleuses » juste avant, on y était. Finies les habituelles « il faut respecter ceux qui veulent faire fortune, c’est leur richesse qui enrichit le pays », rétorquées d’ordinaire par la droite. Ce qui était admis en temps de croissance devient indécent quand l’avenir s’assombrit. Ce n’est pas une constatation nouvelle mais les indignations n’ont pas toutes la même crédibilité. Celles de la majorité ont une audience forcément atténuée par le bilan. Proposer d’interdire ce qui est indécent, c’est avant tout souligner que ce qui est indécent est toujours autorisé par l’UMP qui pourtant s’indigne. Les indignations de tous ceux qui crient moins fort que Jean-Luc Mélenchon (ça vaut pour le PS) renforcent, pour le moment du moins, son timbre déjà tonitruant.

Oui c’est la fameuse règle selon laquelle : « on préfère toujours l’original à la copie ! »

Oui, mais si les politiques de tous bords se mettent à singer Jean-Luc Mélenchon, au moins dans la posture de l’indignation, si non dans les solutions radicales proposées, c’est aussi, qu’au-delà des sondages, sur le terrain ils se font apostropher sans cesse sur le thème de l’insupportable inégalité en temps de crise. Les élus locaux, de gauche, comme de droite témoignent en permanence de l’exaspération de leurs électeurs sur ces sujets. Ce qui fait qu’un thème sous-jacent, prend un jour, à un moment, une force politique particulière, c’est quand ceux qui ne sont pas directement menacés se mettent à se sentir concernés. Ils épousent alors une cause commune. Si l’instituteur de votre enfant vous dit qu’il va voter Hollande ou Mélenchon, tout est sous contrôle, si votre boucher râle contre les assistés et en pince pour Marine Le Pen… c’est normal. On reste dans le stéréotype qui rassure. Mais quand votre dentiste, que vous connaissez bien, vous dit qu’il vote Mélenchon, là c’est qu’il se passe quelque chose dans le paysage politique. Eh bien mon dentiste vote Mélenchon ! Samedi dernier, je suis allongé sur le fauteuil de mon dentiste, je ne peux pas parler, bien sûr ! Je suis donc tout ouïe. Et voilà ce qu’il me déclare (c’est véridique, on ne badine pas avec les propos de son dentiste) : « je gagne très bien ma vie, cet après-midi d’ailleurs, je vais jouer au golf sur un terrain très chic… Eh bien, je vote Mélenchon » ! J’ai failli avaler la fraise, puis il a ajouté : « avant, les riches gagnaient 20 fois le smic, maintenant il leur faut des millions, c’est dégueulasse ! Il faut plafonner les salaires »… voilà ! J’avais perdu une dent mais au moins j’ai gagné une chronique.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.